07 février 2026

 Tournoi VI Nations 2026


"Panem et Circenses" disait Juvénal, poète satyrique latin. Bien plus tard, Machiavel dans "Le Prince" mais aussi 
Dostoïevski dans "les Frères Kamarazov" ont émis la thèse du bonheur du peuple en conduisant ce dernier comme un troupeau grégaire et passif sous la houlette de pasteurs capables de jugement par l'emploi intelligent du "mystère", du "miracle" ou de "l'autorité". Autant dire que le temple Dyonisien ressemble à s'y méprendre à Rome ! 

Seule la parole du guide Galthié  est confondante pour enflammer la bêtise collective sous l'empreinte de la FFR. "Les Quatre de l'Apocalypse" écrit ou dit par des Irlandais abattus devant une telle défaite prend tout sons sens littéral. En effet, Guillard, Jelonch, Cros et Ramos, résilients et stratèges de l'offensive et de la défense ont su mettre en orbite le reste de l'équipe. Pour autant, comptez sur l'esprit Irlandais pour renouer avec le succès. 

Alors, côté Bleu, la mer est belle, calme, souveraine permettant de découvrir de nouveaux talents qui ne sont autres pour certains que ceux qui ont été champions du Monde en U20. Allégorie ou métaphore, un seul match et déjà on parle de Grand Chelem. Nous n'avons aucune modestie avant même d'avoir à affronter la tempête écossaise et anglaise. Et quand bien même si nous gagnons, le bilan du pasteur reste maigre, 2 tournois dont un Grand Chelem en 10 ans ! A contrario, il demeure incontestablement le champion des matchs amicaux exception faite avec l'Afrique du Sud sa bête noire.

Le Tournoi va révéler de nouveaux joueurs, de nouvelles stratégies et peut être un arbitrage plus affiné. Les joueurs, on les connait pour beaucoup avec les coupes d'Europe, le plus tranchant étant Pollock. Ce qu'il faut décrypter, c'est le management et le fond de jeu qui changent. Fini la barbaresque dépossession pour un jeu à la main à la Toulousaine cher à Villepreux et Mola. Les défenses deviennent de plus en plus hermétiques avec de moins en moins de fautes (est ce le bénéfice d'avoir incorporé des arbitres dans les staffs du moins en France ?), la vitesse et l'innovation des combinaisons faisant le reste. Mais encore mieux si on décrypte avec le ralenti la construction des essais, l'improvisation, le culot, la soif du jeu sont au cœur même des actions et ceci grâce à la complicité naissante entre joueurs comme si le pasteur n'existait plus ! 

Dupont depuis quelques années a montré la voie que ce soit à XV ou VII par cette vision propre du jeu qui lui appartient. N'oublions pas Ramos, le sempiternel "musher" aux pieds d'or ! Toujours là mais quand le traineau ralentit et s'enfonce. Il faut reconnaître que Jalibert a montré son vrai visage, prometteur dans le jeu d'attaque mais aussi en défense ce qui va obliger NTK à revenir avec de meilleures intentions que celles qu'on lui connait. La jeunesse du paquet d'avants fait plaisir à voir et montre bien à quels points certains titulaires laissés au repos intentionnellement ou  pas font déjà partis du passé. Un choc psychologique nécessaire qui aura des répercussions en clubs. Le Stade et Pau en sont les instigateurs, aux autres de suivre.
Je ne peux terminer cette chronique sans parler des Chevaliers de la Table Ronde dont le plus connu fût Lancelot par opposition à Juvénal. Perceval, moins connu, se confond avec une éthique morale et trouve la gloire dans la découverte des valeurs religieuses. Le sens profond de ceci est que la Chevalerie a du s'ouvrir à des valeurs spirituelles. Clin d'oeil à nos amis Fidjiens, croyants éternels et fantasques joueurs dont le sens du jeu est une véritable offrande au public de connaisseurs.