14 mai 2026

 L'Ascension

 


"L'Ascension", symbole de la vie éternelle après la "Résurrection" préfigure en cette période sportive la dernière rencontre des joueurs avec eux mêmes avant l'élévation vers un triomphe espéré. La symbolique naturellement est osée mais, comme sur un terrain, rien ne se gagnera dans la routine et par miracle, seul le "Saint Esprit" règnera ! Alors bien plus que cette parabole religieuse en préambule, l'horizon des phases finales se profilent avec des enjeux bien différents qui vont sonner l'halali des prédateurs assoiffés de succès.

Côté Bilbao, l'Occitanie va regarder, amusée, son adversaire de ces dernières années. L'UBB, en terre basque devra confirmer ses récentes prestations en coupe d'Europe pour une deuxième étoile sur le maillot. Quant au Leinster de Léo Cullen, affamé depuis 2018, dernière victoire connue et 4 finales perdues depuis, il ne viendra pas pour tourner un "Week-end à Zuydcoote". L'armée du Trèfle voudra repartir avec le trophée. San Mamès, fief des Basques, sera le théâtre d'une tragi-comédie ou Hegoak (Txoria Txori, l'oiseau est un oiseau), Ailes du destin de chacun ou cette poésie chantée symbolise la Liberté et l'Amour pour tout un peuple. Le vainqueur sortira grandi avec la signature d'une victoire en terrain basque.

Massilia, point de chutes de marchands grecs venus de Phocée, sera le lieu de rendez-vous des demi-finales, ou cette année, les probables inattendus feront places à la hiérarchie habituelle créant ainsi des surprises y compris avec le Stade Toulousain ! Ghandi disait "c'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire." Autant dire que je prie pour voir du rugby de mouvements et non un rugby de tranchée et de violence. Si la Bonne Mère à l'idée en plus de mettre un rayon de soleil et de la saveur provençale, la fête sera totale.

Bien loin des petits fours, de l'argent et des civilités mondaines et politiques, je suis ravi de vous annoncer de la victoire aujourd'hui lors de la première édition de la School Cup de Toulouse au Stadium des jeunes féminines du lycée Déodat de Séverac dans une ambiance bonne enfant. Rien n'est plus tendre, enthousiasmant et juvénile que cet ascenseur émotionnel qui redonne à l'ovale ce parfum que j'ai connu dans les campagnes. A chacun son Championnat, dans sa catégorie, créant émotions, souvenirs, cohésions, saveurs pour la gloire de tous les bénévoles de clubs, Présidents et amateurs en tous genres.

Alors, oui sans conditions, pour l'Ascension émotionnelle, loin de Kaizen et de l'Everest qui laisse derrière lui l'image unique d'un défi. 60 ans plus tard, l'herbe reste verte, les lignes blanches immuables comme les poteaux, les vestiaires à l'odeur camphrée, les maillots boueux parfois verdis, un club house ou la mousse se mélange à la boucherie locale, les bérets, le patois et les commentaires passionnés d'aficionados de l'ovale. Cela coulera dans mes veines jusqu'au bout pour le meilleur et pour le pire. Bergman disait "la vieillesse est comparable à l'ascension d'une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d'haleine, mais combien votre vision s'est élargie !".