L'Ecume des Jours
Rien de plus romanesque que d'écrire et de clamer l'Amour pour une femme jusqu'à se ruiner ! Bien entendu, ce roman de Boris Vian, appris au secondaire, me fait penser à cette victoire dans le tournoi 2026 en trompe l'oeil. Le beau reste beau quand on est riche et qu'on ne voit pas la disette arrivée. FG, alias Colin, est un riche illusionniste de premier ordre à qui tout réussi quand rien n'est compliqué. Les premiers mots du livre caractérisent bien l'auteur "l'essentiel est de porter sur tout des jugements à priori".
Colin, ivre de suffisance, de notoriété, a su traverser les Présidences pour mieux régner sur un rugby national jamais couronner d'un titre mondial mais assurément que de miettes européennes en une décennie. Pour preuve, en deux matchs, nous prenons 96 points avec soi disant le pape de la défense le gallois Shaun Edwards. Il est à l'image du poireau en pleine décadence même si l'on sent un regain de forme de l'équipe nationale. Et cela interroge sur l'avenir avec un va et vient de joueurs tels des courtisans de sa majesté qui passe de l'ombre à la lumière. Ne soyons pas aveugle de nos carences ou nous avons quelques très bons joueurs et un melting-pot de bons joueurs de clubs.
Une armée ne se construit pas avec des lampions mais avec des fidèles qui ont du courage, du caractère et de la personnalité parce que l'obéissance ce n'est pas la servilité, encore moins le fayotage ou la courtisanerie c'est tout son contraire et nous en manquons. Une fois de plus, le pied de Ramos a fait la différence dans un match ou ne sommes pas invités pour gagner. Mais la médaille a ses revers comme en coupe du Monde en 2023. Plaise à nos anglais méconnaissables dans ce tournoi mais dont le réveil a failli nous couter la défaite outrecuidante.
Colin continue de se ruiner derrière l'opacité de ses lunettes et sa veste de sélectionneur. L'avenir n'est pas donné qu'aux lévriers, une équipe n'est pas faite d'individualités mais d'un collectif pour ne pas oublier que le rugby commence devant, les écossais et les anglais nous ont régalés à ce propos. La défense individuelle est une base acquise et un standard international à contrario de la défense en mouvement ou nous sommes des passoires. Cibler un match sur un lévrier ne dure qu'un temps et l'adversité sera nous le rappeler à la vue des deux derniers matchs. Cette équipe me fait penser au pied d'argile et à l'histoire de la chute de Babylone dont le prophète Daniel annonçait l'effondrement du royaume à Nabuchodonosor. En ce sens, Erasmus est très lucide sur l'EDF et sait décrypter nos faiblesses structurelles.
Victor Hugo disait " l'âme a des illusions comme l'oiseau a des ailes ; c'est ce qui la soutient". Colin finit ruiné, son Amour décédée, et seule la musique fut le fil conducteur de sa vie en dehors de l'écriture. Alors sans Elle, notre passion pour cet Ovale tant aimé finira par se tarir à l'ombre du désert de Victoria !
O.K. sur le fond de jeu de l'Equipe de France, et o.k. sur l'écriture et les réflexions salvatrices. Un peu moins o.k. sur cette obstination à taper sur Fabien Galthié, qui a ses défauts, certes, que je repère techniquement, tactiquement et humainement, mais qui a quand même su redresser la barre d'un rugby français déliquescent, à partir de bases saines accompagné par un solide Raphaël Ibanez.
RépondreSupprimerEst-il, F.G., arrivé au bout de ses limites? C'est possible. Un peu d'air frais pour l'accompagner? Pourquoi pas...Difficile, voire impossible d'imaginer le remplacer -et par qui?- un an avant la Coupe du Monde qui sera, quelque soit le résultat, certainement la fin de sa course. D'autres entraîneurs restent en place avec un pedigree et des résultats largement inférieurs aux siens.
Alors, une question de feeling? C'est possible et c'est vers ce bord des choses que je me pencherais. Et, donc, peut-être, vers un accompagnateur tourné du côté des relations humaines plus que vers Shaun Edwards dévolu à la défense.