"Vers un Final Aillé"
"Beati pauperes spiritu", Sermon sur la Montagne (Saint Mathieu) signe une parabole pour dire que bienheureux sont ceux qui réussissent sans intelligence. Le Stade Toulousain a su patienter avec intelligence et opiniatreté pour obtenir le graal et l'ascension ne fut pas de tout repos. Comment arrive t-on à triompher de finale en finale quand, à côté de ça, nous n'avons pas été au rendez vous de la coupe du Monde ? Cette genèse assez paradoxale s'est construite au fil du temps et n'est pas en soi le seul fruit du hasard. Si Voltaire a repris Lucrèce dans le dictionnaire philosophique soulignant que "Ex nihilo nihil, in nihilum posse reverti", le Stade a su patiemment construire sur son passé, sa culture et ses hommes qui ont fait de ce club celui le plus titré de France et d'Europe. A croire que deux hommes aux destins croisés ont su faire l'almagame d'une incertitude raisonnable ! Didier Lacroix, homme d'un seul club alors que son destin d'enfant le prédestinait lau football, finalement joueur de rugby, il a gravi toutes les étapes jusqu'à la Présidence tant convoitée. Inébranlable dans sa foi du "Rouge et Noir", il aurait pu rester "Julien Sorel" l'homme passé au séminaire. Nenni, quand vous regardez le ciel (Ader, l'Aéropostale, Saint Exupéry, Ariane, Airbus) votre obsession c'est de voir les étoiles et la grande ourse celle du guide. Elle est venue à lui comme un prophète au lendemain de victoires, Champion de France, Champion d'Europe, mais jamais international, la soif de réussir était en lui comme pour des brillantes études à l'ESC. Durant ses années joueur comme 3e ligne, il a crosé le chemin d'(H)Ugo Mola lui aussi Champion de France et Champion d'Europe (meilleur marqueur d'essais). International à XV, peu de gens savent qu'il fût aussi International à VII. La carrière terminée de joueur, il bascula immédiatement dans son rôle actuel d'entraineur, épousant Mazamet, Castres, Brive, Albi et enfin le ST. Presque 20 ans pour être en haut de la Pyramide du jeu, celle de la consécration. Et pourtant, à l'appel de Lacroix, il revient à Wallon alorsqu'il ne brillait pas. Les premiers temps furent durs fautes de résultats mais l'apport d'une jeunesse dorée lui a permis de prendre confiance et d'exprimer son talent. Tous les deux, complices, sont stadistes jusqu'au bout des ongles et partagent le même ADN. Ce sont des gagnants, élevés à l'école toulousaine, entourés de toulousains tant sur le terrain que dans les bureaux. Ils ont eu comme mentors Novès et Bouscatel des purs sangs du rugby de la ville Rose. Connaissant Didier, aficionado comme je le suis, pour avoir partagé 5 ans avec lui les férias de Fenouillet, sous l'apparence d'un rieur se cache l'âme d'un garçon plein de sensibilité, d'intelligence, de clairvoyance et d'humanité. Alors oui, la réussite n'est pas le fruit que de l'intelligence mais aussi celui du travail ou sans cesse on remet le couvert histoire que la perfection soit au rendez vous de l'histoire. "Homo homini lupus" et donc pour contrevenir à ce dilemme "Nosce te ipsum" introspection à mieux se connaître soi même au final !
