Affichage des articles dont le libellé est O Mores". Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est O Mores". Afficher tous les articles

06 septembre 2026

 "O Tempora, O Mores"

                                           

L'incipit de cette chronique, issue des "Catilinaires" pourrait commencer par ceci emprunté à Cicéron "Senatus haec intellegit, consul videt ; hic tamen vivit." ! Autrement dit, traduit, on pourrait dire "la FFR sait des choses, la LNR les a vues; pourtant le rugby vit" !

"O Tempora" le rugby professionnel est à la croisée des chemins, effaçant progressivement de ses tablettes le rugby amateur pour se laisser gangrener par l'argent, le pouvoir et la gloire. En cela, les Anglo saxons règnent en maître et se distribuent la part belle des instances effaçant par la même l'Europe et l'Amérique latine de toutes connivences possibles. Quelle époque traversons nous avec ce rugby phagocyté par la technologie et probablement par l'intelligence artificielle (IA). A tel point, que je me demande si Erasmus, en avance sur tout le monde, ne va pas chercher  sur l'IA ce que le rugby de demain sera. Ces trois derniers test matchs, dignes de finales de coupe du Monde, ont montré des facettes inattendues du fin stratège qu'il est. Le premier test a réveillé les consciences sur le rugby du long nuage blanc pour s'apercevoir qu'après une période de crises et de disettes, la flamboyance est revenue par des essais estampillés du sceau "AB". Le second match, perdu en nombre d'essais, c'est à souligner, a montré que d'avoir un excellent buteur c'est une manne incontournable surtout quand on ne peut rien produire de plus. Le dernier test, à l'inverse,a démontré que le rugby commence devant et qu'avec de la puissance vous pouvez marquer des essais autant devant que de part les lignes arrières. Je souligne, que les Blacks ont fait jeu égal au nombre d'essais marqués mais ont encore perdu par un manque rédhibitoire d'un buteur. 

"O Mora", Si le rugby international a ses vices et ses plaies, le rugby français n'est pas en reste actuellement. Le Salary Cap, affaire en cours, oppose le truculent Didier Lacroix à l'obsessionnel président de la LNR Yann Roubert. Footballeur stéphanois, il est connu dans l'alpinisme et la voile. Grâce à ses diplômes, il se retrouve dans l'évènementiel employé de GL Events qui le met à la présidence du LOU.  De là à la LNR, il bat René Bouscatel Président en exercice. Vu les piètres résultats du LOU, son but, au delà du pouvoir est de casser l'hégémonie du Stade Toulousain. Belle réplique de Pierre Yves Revol, ancien Président de la LNR, qui souligne "qu'il existe une culture de la performance et de la politique sportive marquée du sceau de l'excellence. Aux autres de s'en inspirer ... Ce n'est pas les affaires qui ont permis au Stade d'être Champion de France mais bien son mérite sportif ". L'autre point sensible, c'est l'annonce, un an avant, de départs de joueurs bien loin de l'éthique attendue. Mais aussi de certains joueurs qui changent de clubs sans avertir les coachs et les présidents en début de saison. Tous les coups sont donc permis, les yeux fermés. Ces nouvelles mœurs montrent que l'argent devient le moteur loin de la normalité attendue. Bien pire, c'est la nomination à la FFR via l'Elysée, d'un Directeur Général, au sein d'une association qui n'a pas eu le choix que de dire oui. Pourquoi ? Surement le besoin de contrôler les enjeux en cours en particulier le SDF. Aucune moralité ne fait loi là non plus.

"Ainsi va notre époque, ainsi vont nos mœurs", le rugby est bien vivant, il continue d'écrire son histoire, celle commencée par Sir Webb Ellis à une époque ou seule la plume restait la référence. Aujourd'hui, l'homme a hâte de donner de nouvelles lettres de noblesse à ce jeu ovalesque, raison gardée d'engendrer des bénéfices avant tout. Voilà plus d'un demi siècle que je broute l'herbe des terrains, que je vois le jeu et les enjeux évoluer à vitesse grand V, mais qu'à côté de cela, quand je regagne ma chère Lomagne, je retrouve cette odeur du fumier, de la sueur, du labeur, de l'amitié comme pendant mon enfance. Mon Père est encore présent dans tous les cœurs des Beaumontois et je pense sincèrement que j'ai connu le meilleur de ce peut offrir ce sport c'est celui de l'amitié simple et partagée. je conclurais donc par "la terre ne rend jamais sans intérêt ce qu'elle a reçu", Cicéron.