Noël Provençal
Le rugby c'est comme la foi, il faut aimer pour y croire. Noël réserve toujours des surprises auxquelles on ne s'attend pas. Il suffit de connaître une crèche provençale, de la voir s'animer avec l'intelligence artificielle et la magie opère. Et si vous rajoutez un harmonica comme fond musical, l'émerveillement est au rendez vous. Si le divin enfant est né dans une étable, le rugby provençal prend sa source autour d'une table afin de combler la solitude de certains. Très fier de cette initiative improvisée au fil des mots et des sons !Chacun de nous a une âme de provençal pour avoir lu une des ces œuvres. D'autant plus que cette région fertile à la littérature est plus étendue qu'on ne croit. La Provence de Mistral, la plus centrale est celle des plaines ; celle de Jean Giono a un caractère plus montagneux et celle de Marcel Pagnol borde la Mer Méditerranée sans oublier Alphonse Daudet et le fameux "Tartarin de Tarascon" et "La chèvre de Mr Seguin", œuvres découvertes à l'adolescence pleines de vérités. Aubagne, Manosque, Maillane, terres si fructueuses que le cinéma s'est emparé de cette Provence si créative. Je garde cette image de la treille ou l'on se désaltère avec un pastis ou une anisette et la table garnie avec l'anchoïade.
Difficile de ne pas succomber pour le Pyrénéen que je suis devant cette crèche faite à la main et issue de l'imagination. Tout autant que d'entendre l'harmonica sur l'air "il est né le divin enfant" un moment suspendu que j'écoute en boucle. Alors la foi a ses raisons que la raison ne connaît point, aphorisme bien connu de Pascal qui conduit naturellement vers le rugby. Un "rugby de Noël" comme une crèche ou un sapin, cela serait une belle idée ... Le sapin a sa décoration, foi de l'imagination de chacun. Cette année chez moi, il est épuré pour rendre encore plus étincelant sa majestueuse présence. Et la crèche faite de pièces de poteries par ma voisine chaque année s'embellit de petits détails. Dans les deux cas, la construction est née de la réflexion et de l'innovation. Alors quid du rugby de Noël ? Pourrais t-on trouver des tenues de lumière pour les joueurs avec des bonnets et un pompon, des bottes à crampons, des arbitres déguisés en anges et un terrain comme la barbe blanchi par la neige ?
Comme les enfants, Noël fait rêver des mille et une nuit, des contes et histoires selon les traditions locales. Dans Memori et Raconte, Mistral, Occitan avant tout, écrivait ceci ; "Fidèu is us ancian, ah ! pèr moun paire, la majo fèsto èro la vèio de Nouvè ... Boni festo ! venian pausa, cousin, cacho-fiò ‘me vous-autre". Je vous invite à écouter Pagnol conter "Les secrets de Dieu - l'Agneau de Noël" que l'on peut retrouver dans deux fims "Regain" et "Angèle". Comme un enchantement, mes filles ont parlé rugby avec leur Grand Père, ancien joueur du FCL de la grande époque. Une parenthèse de deux mondes ou chacun avait des récits bien précis à raconter devant une cheminée rougeoyante. J'étais aux anges de voir les générations parler de leurs moments de vie. En Lomagne, à cette période, c'était les traditionnels lotos pour gonfler la cagnotte de fin d'année avec des lots pleins de saveurs ! Finalement André Laurendeau a écrit ceci : "l'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige toute la terre est changée."

cela fait rêver sauf que la Provence n'a pas gardé le charme et l'authenticité des Pyrénées ! bonne fin d'année
RépondreSupprimerJe reconnais en toi l'Ariégeois bouche ouverte😉 Mais une question stupide l'Ariege fait elle partie des Pyrénées ?
SupprimerTu parles de Daudet et de "Tartarin de Tarascon". En l'occurrence -mais c'est peut-être volontaire puisque tu parles par ailleurs de foi et de croyance- tu aurais pu citer "Les Trois Messes Basses". Une certaine peur d'être puni pour tes présentes agapes? Je blague, bien entendu.
RépondreSupprimerPour le rugby, c'est un peu l'inverse de ton point de vue. Adolescent, je l'ai vu et cru dans sa réalité et son intérêt; bizarrement d'ailleurs sans comprendre vraiment pourquoi. C'est par la suite que je me suis mis à découvrir toute sa puissance et sa complexité et à l'aimer sans réserve. Mais, de mon côté, la foi n'a rien à voir là-dedans.
Contrat rempli pour Urios qui sort du brouillard mais le jeu reste froid voire glacé comme la météo. A noter la blessure inquiétante de Jauneau qui s'éloigne du XV de France. Par contre, Lucu, frigorifié, n'est que l'ombre de lui même. Un qui grimpe à vitesse grand V c'est Carbonneau qui sera là en 2027 sauf blessure. Et Bayonne qui joue son va-tout dans les arrêts de jeu pour battre le Stade Français. Reste que Montauban glisse dans les ténèbres suivi de Perpignan probablement. Bref, il manquait quelque chose dans ce "Boxing Day", l'âme de Noël y compris chez les journalistes. D'ailleurs cet anglicisme volé au football anglais sonne creux et faux. Un peu comme le "Crunch". Je me souviens des derbys d'antan, guerre de clochers et de territoires qui ont disparu pour la télévision. Demain ST La Rochelle, un match à double tranchant qui donnera le temps pour 2026.
RépondreSupprimerJe te vois "focus" rugby, pour employer un terme qui m'exaspère. A l'image des deux que tu soulignes: "Boxing Day" et "Crunch". A la fois réducteurs, attrape nigauds, faux, publicitaires, mots valises..., j'en passe et des meilleurs.
RépondreSupprimerDe mon côté, j'ai appris la mort d'un homme que j'appréciais énormément à divers titre, le 25 décembre, à quelques jours de son 80 ième anniversaire. Ce cher Francis Marmande que tu devais forcément connaître, ne serait-ce que par votre amour commun de la Tauromachie. Un homme globalement du Sud Ouest, de Bayonne très exactement.
C'est maintenant le passé.
Pour parler passé, je suis retombé, à la suite de divers détours, sur l'ensemble des chroniques journalières des Tours de France (de 1954 à 1982) d'Antoine Blondin, grand amateur de rugby par ailleurs et ami profond de Guy Boniface entre autres qualités. Et, pour relier les regrets et autres récriminations que l'on peut porter sur l'évolution du rugby, passant d'un sport régional, humain, coutumier à une activité professionnelle avec ses fonctions, ses dérives monétaires, ses mercenaires, comme on parle de la garde Suisse de nos rois, plus qu'une sorte de Légion Etrangère mieux choisie, je note, dans la chronique écrite d'Angers et datée du 29 juin 1963, ces réflexions d'Antoine, se plaignant du passage des équipes nationales à celle des groupes professionnels:
"La course contre la montre le confirme: le Tour de France, dans sa nouvelle formule, n'est plus l'affaire que de quelques personnalités saillantes, qui se le disputent, au jour le jour, mano a mano. Pour les autres coureurs, portant des noms le plus souvent barbares, revêtus de maillots, dont la raison sociale chante, certes, aux oreilles des foules, mais dont les bigarrures n'émeuvent pas les fibres secrètes du cœur, il leur est devenu pratiquement impossible de s'exprimer. Je ne parle pas seulement sur le seul plan sportif, tant il est vrai que le rôle d'équipier a toujours été le fait de servitudes et d'abnégation, mais sur le plan humain. Naguère, en marge des vedettes, se dégageaient de hautes figures, portées par les prestiges d'un palmarès annexe ou par le fort relief d'un tempérament. Aujourd'hui, ces individus, si l'on ose dire d'une masse indifférenciée, ces hommes, donc, une centaine environ, courent dans l'anonymat le plus complet. Figurants? Nullement. Mais plutôt rouages mécaniques, utiles au système comme des bielles le sont à la locomotive, sans plus de panache, sans plus d'agrément."
Je pense, à l'instant, en recopiant ce texte, au film de Charlot, "Les Temps Modernes"....
Ainsi, tout se poursuit sans trêve , implacablement, sans vraie révolte dans cette œuvre de déshumination.
Pour repasser au rugby d'aujourd'hui, et malgré les progrès de l'introduction des JIFF dans les équipes pro, j'ai compté chez Clermont, hier soir, au démarrage du match, 9 "étrangers" sur les 15 et 4 ou 5, je ne sais plus, chez Bordeaux. Faudrait-il un "Trump" pour réguler ces flux? Je ne le souhaite certainement pas, mais je ne puis m'empêcher de réfléchir à ce que je considère comme des dérives.
Bonne Année à venir à vous toutes et tous.
Merci pour cette belle page sur le passé et sur Mr Marmande. Tu as oublié le mot "derby" voulant dire "Folk Football" opposant 2 paroisses lors du Mardi Gras ! Mr Marmande, plus connu dans le monde de la tauromachie et du jazz (contrebassiste) écrivait début décembre au journal le Monde un mail "Depuis un an, je torée un cancer (stade 4, métastases à tous les étages) sans perspective rigolote. Fatigue intéressante.)". Connu pour ses "marmanderies" en parlant de ses articles, il aimait les palombes rôties (son plat fétiche) et était un aficionado des arènes de Bayonne et de Vic Fezensac. J'étais plutôt attiré par "Zocato" alias Vincent Bourg, chroniqueur et écrivain tauromachique hors pair, en binôme avec Pierre Albaladejo. Evidemment, Blondin a vécu l'âge d'or du cyclisme, peu médiatise par la télévision mais surtout relayé par les journaux ou revues sportives comme Sport club, l'Equipe, le Midi Libre qui jonchaient dans la maison familiale. L'arrivée de Radio France et des images du Tour de France télévisé a changé la donne profondément. Antoine Blondin fût une exception au même titre que Michel Audiard. L'audiovisuel a supplanté l'écriture et pire les réseaux sociaux ont tué la langue française littéraire .
Supprimer14 équipes et 13 desserts selon la coutume provençale, nous sommes loin du compte des contes ! Pour opposer le salé au sucré sur une table comme sur un terrain, la matière première première reste l'ingrédient incontournable AOC de préférence pour les fines bouches. Hier soir, sans Jalibert, Penaud et quelques autres, il était certain que la défaite faisait partie du match. Bru le savait intérieurement. Comme chaque année, nous avons droit à des matchs pipotés pour ne pas dire truqués avec des équipes réservistes qui portent atteinte à mon sens à l'esprit du rugby. On pourra toujours dire que c'est donner une chance aux jeunes pousses. Oui, c'est vrai si on parle de L'USAP ou de Montauban, car pour eux les carottes sont cuites. Ce qui me gênent aussi c'est autant de remplaçants sept presque la moitié d'une équipe, un paquet d'avants si on pousse le bouchon ! Beaucoup de joueurs ne dépassent pas 45 à 60 minutes ce qui questionne sur la préparation physique. Oui, c'est devenu physique de part la vitesse, les impacts, le tonnage, les gestes sulfureux, etc. Un tennisman jouant pendant 4 ou 5 h sur un match gagne par le mental, le physique et l'intelligence de lecture du jeu de son adversaire. Quand je vois que Linsey Vonn, à 41 ans, après une opération du genou, gagne la deszcente de Saint Moritz avec plus d'une seconde d'avance sur la deuxième, tout est permis. Sur son pouce , elle a fait graver "πιστεύω" qui veut dire croire ! Alors,13 desserts j'y crois plus que tout à déguster avec gourmandise et raison.
RépondreSupprimerLe Stade au sommet de son art, 9 essais, 60 points, un Dupont insolent de facilités, encore meilleur qu'avant, gestuelle, vitesse, chisteras, coup de pieds, de déplacements, 50/22, peu de déchets au final. Capuozzo toujours bien placé, même Thomas a fait un doublé. Un 8 de devant qui a écrasé la Caravelle, les Maritimes furent dépassés dans tous les compartiments, de la peine pour Atonio qui a dû mesurer qu'il n'est plus au niveau. Le Garrec malgré l'essai filou fut terne tout comme Hastoy. Et NTK a marqué mais a fait marquer een étant défenseur Implacable. Champion d'automne avec deux points en moins ! Les détracteurs des Rouge et Noir n'ont qu'à bien se tenir car ce soir on a touché le sublime. Des matchs, comme celui là, tous les jours. Et le Stadium qui va être agrandi, encore mieux pour le spectacle....
RépondreSupprimerhttps://www.instagram.com/reel/DS6S9o_iZ1p/?igsh=MTJzOG1vOW9nYmVseQ==
RépondreSupprimerQue ce tableau féerique pour 2026 embellissement vos Joies, votre Bonheur, vos Amours et que la Santé soit le rendez vous du quotidien. N'oubliez pas de rêver, l'imaginaire est une forme d'insouscience 🎂❄️⭐🥂🥳🙏
Meilleurs Voeux pour 2026,
RépondreSupprimerque le rugby vous apporte joies, plaisirs, apaisement, subtilités, rires, critiques, espérances, bref tout ce que le quotidien gomme sans compter. Que sera cette année pour le monde de l'Ovale ? Le ST sur les lignes d'arrivée avec qui, les possibilités sont discutables. L'UBB, Pau ou un outsider de milieu de tableau ? Souvenez de Montauban, 6e, champion de Pro D2, qui boit le calice cette année. Quid de l'EDF avec le gourou FG qui ne gagne pas grand chose sauf les matchs de galas ? Le retour attendu de Dupont permettra t-il au rugby français, toutes compétitions confondues, de se hisser dans le gotha mondial des grandes équipes ? Va t-on on assister à des surprises au tournoi des VI Nations ? Et ce rugby français, malade par les affaires, clanique de par les institutions, petit joueur et emprunté par l'esprit, va t-il accoucher d'une souris ? Je ne crois pas. Personne n'est là pour donner du sang neuf à tous les étages. L'argent est devenu le dogme des faibles, de la peste et des avaricieux. A croire que nos racines n'ont plus d'eau pour nourrir la substantifique moelle ! Un proverbe africain dit ceci : "Quand tu porteras ta propre eau, tu comprendras la valeur de chaque goutte". Alors boire un verre de vin, cette eau de la fleur de vigne nous fera oublier les affres qui rongent notre sport. Vais je connaître d'autres joies, je l'espère. Depuis l'âge de 5 ou 6 ans ou je longe les bords de terrain, les poteaux et les lignes de marquage sont toujours là, la boue d'antan a disparu, l'herbe se fait rare et le cuir est devenu synthétique. Reste que le sifflet rythme toujours le jeu et que l'homme en noir a perdu de sa personnalité au profit de la vidéo et sous peu via les drones qui ont enchanté le Stadium d'un peuple hilare du spectacle offert tel les Jeux de Rome. Bientôt vont peut être disparaître les juges de touches par l'oeil acerbe de l'oiseau volant qui verra, comme un aigle, le petit mulot qui entravera la sortie du ballon. Côté Santé, il est illusoire de croire à une prévention efficace et durable tant que la compétence ne sera pas là pierre angulaire de tous les maux et travers connus. Alors que l'Ovale 2026 nous offre faux rebonds, imaginations, illuminations et surprises pour notre plus grande passion.
Merci pour tes vœux rugbystiques que l'on pourrait associer à chacun d'entre nous individuellement d'une part et à l'ensemble du Monde dans son unité d'Univers, d'autre part. Le rugby étant à la fois le reflet d'un individu lambda, de ses projections et de la représentation du monde social dans lequel il vit, tes prédictions Nostradamusiennes me semblent un très bon choix.
RépondreSupprimerBonne année, donc, à vous toutes et tous et "que tout soit le mieux dans le meilleur des monde possible" comme le disait notre ami Candide.
Meilleurs voeux à tous ; avec une pensée particulière pour les équipes de Pau et Bayonne qui ont fait preuve d'un bel esprit de combativité lors du Boxing Day . Le Stade toujours olympien mais bon ... on a l'habitude .
RépondreSupprimer