23 novembre 2024

 Noir où Bleu



Noël est arrivé en avance cette année pour sublimer ce moment intemporel et unique qu'est France All Blacks. Oui j'y étais, juste au dessus de la cabanne des Blacks avec Sir John Kirwan à mes côtés. Moment solennel d'une vie ou 25 ans d'espoir, de patience et de travail s'oublie devant une telle féérie. Oui, tel un dieu, le stade de France s'est métamorphosé en mythique Dyonisos, de par son enceinte et non parcequ'il est le dieu du Vin et de l'Ivresse. Noir et Bleu, par un éclairage féérique en mode clair obscur sur la pelouse, a mis en lumière le Haka dans un silence digne des dominicains. Dame Lune n'avait plus qu'à donner l'étincelle attendue pour que rayonne le spectacle de mille feux. Saveur ultime que d'écouter Kirwan et les remplaçants assis au dessus de moi reprendre le Kapa O Pango en coeur. Mieux encore tous les remplaçants et blessés se sont arrétes devant ce monument vivant qu'est Sir Kirwan, le saluant avec respect et, à chacun d'entre eux sans exception, il aura un petit mot. Cette simplicité, ce sourire naturel derrière des lunettes de rock star, cette élégance, m'a fasciné montrant a quel point les racines sont là, bien ancrées et belles à déguster. La soirée prenait donc une autre dimension, inattendue, inoubliable, à côté de cette icone du rugby me rappelant ce souvenir de 2006, sur les toits de Gerland ou je découvrais Johna Lomu dans un match à sens unique. Plaise à dire que de l'autre côté  du tunnel des gladiateurs siégeait l'establishment français, morose, sans saveur, ni odeur. Le contraste était frappant digne d'une série noire ou l'on sentait qu'une défaite serait synonyme du son du glas pour certaines têtes. Le pire, que personne ne voit, c'est d'observer tous ces courtisans de la fédération, imbus de leurs responsabilités d'un soir, oeuvrés pour une symphonie en sol mineur. Pire, le bonnet rouge digne du commandant Cousteau, était dans le viseur des caméras de la "Komandatur" nécessitant de montrer mon accréditation et de le retirer par transparence ! Quid du match. Sans surprise, dominé par les "Noirs" dans tous les compartiments de jeu avec un passage à vide en début de 2e mi-temps qui leurs coûtent la victoire. Se faire un croque en jambe à la 60e et 70e en ne donnant pas des ballons d'essais a fustigé la colère de mon voisin, John, ecoueré d'un tel individualisme qui résonne faux dans les gènes de la "Fougère argentée". A sa décharge, faute de produire du jeu, la défense "Bleu" fût héroique de bout en bout avec assez peu de fautes au final. John, avec humour, me serra la main pour cette victoire et son contact me donna encore plus le goût et la saveur d'aller aux antipodes pour partager la culture de l'ovale argenté. La victoire, comme si c'était "la libération de Paris", laissa place à l'euphorie sur le parterre des officiels dans lequel je me suis infiltré pour serrer la main de quelques personnalités dont le 1er Ministre et le Président Grill qui félicitaient Fabien Galthié tout sourire et dilétante. "Panem et circenses" pour cette tournée d'automne, tant pour l'équipe de France que pour le public, illuminés par le jeu des couleurs et par la musique énivrante. Du "Noir" de la coupe du Monde, nous sommes passés au "Bleu" de l'inutile tellement l'enjeu est futile, grotesque et sans lendemain. Une fois de plus, notre hilarité de gaulois nous perdra dans la cascade des matchs amicaux, révélatrice plus de nos faiblesses que de nos forces. Si Bachelard disait que "le noir est le refuge de la couleur", je retiendrais ceci “entre les croquis et la toile, la couleur fait foi de tout, la couleur crée l'émotion et laisse jaillir l'étincelle de la création" (Norman Reid). Le Noir fût le symbole de ma soirée après 25 ans de couleurs diverses et variées.

35 commentaires:

  1. En lisant, tout à l'heure, le dernier commentaire de Gariguette, je lui reprochais gentiment d'avoir la dent un peu dure vis-à-vis des français; dans leur ensemble. En lisant le tien, de commentaire, je pense que vous ferez bien la paire.
    De mon côté, pauvre pékin, uniquement abreuvé de quelques lectures dans la presse et de mes visions télévisuelles, je continuerais à être moins dur que vous quitte à pousser jusqu'à la naïveté....Un ensemble de faits, d'observations et de réflexions me pousse à penser que la barque est plutôt bien menée et que les rameurs sont solides. Pour donner un contre exemple, à l'heure de cet entraîneur que j'appréciais, Guy Novès, et malgré ses qualités reconnues, tout me disait le contraire d'aujourd'hui. Pourquoi? Peut-être parce qu'il était arrivé trop tard, que les tensions avec la présidence était évidentes, que les joueurs n'y étaient pas...Je ne sais plus, mais voilà, c'est ainsi.
    Je ne peux juger qu'à travers ce qu'on me montre. Peut-être qu'en se rapprochant de la Sainte Table les choses prennent un autre tour? J'attends la suite.

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  2. 25 ans que je côtoie la Sainte Table ou la naïveté m'a passé rapidement. Novès était un proche de Camou et licite au poste national. Le hic, c'était la morosité pour sélectionner des joueurs qui pensaient plus club qu'EDF de peur de se blesser. Reste que cette génération de bons joueurs ne fût pas celle de grands joueurs et que le regard vieillissant de Guy n'était plus forcément de circonstance, cause de son départ du ST. A l'époque, le réservoir n'était pas à l'infini et nous n'avions pas été 3 fois champion du Monde des moins de 20 ans. J'ai joué Dupont, Aldritt et Jelonch en sélection de Comités face à NTK, je ne pressentais pas à l'époque le potentiel de tous ces joueurs. Aujourd'hui, on continue à gagner des batailles comme en 1999 mais jamais une seule guerre. Il faut bien plus pour celà.

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  3. Il y a eu récemment une interview de Laporte assez intéressante ( oui je sais , je ne l'apprécie pas mais bon il lui arrive d'être plus lucide que nos caciques) . Il a observé les derniers matches des AB contre les Bleus et il dit attention, ils étaient au creux de la vague et on les a battus sauf que là on ne les bat plus que d'un point . D'après lui, cette nouvelle génération de All Blacks revient très fort et très vite, en gros en vue de la CDM ils seront fin prêts .
    Puisque ce sont ces compétitions qui marquent les imaginaires, il faudrait absolument relever le curseur dans les préparations françaises afin d'y faire bonne figure . Contrairement à ce que tu penses André je n'ai pas toujours tapé sur Galthié, j'avais même suivi avec beaucoup d'intérêt ses débuts de sélectionneur EDF, avec sa conception très inspirée des AB, sa "doctrine" de la transmission, d'une culture à bâtir etc .
    Il disait "nous" car Ibanez entre autres avait un rôle important dans son dispositif, puis il est passé au "je" et même au "moi je je je ... " . Ses choix ont commencé à s'éloigner de sa fameuse flèche du temps ( hahaha) et on est retombé dans les bricolages d'où cette évolution vers le raccroc dont je parlais hier . D'une vision assez absconse mais après tout pourquoi pas, il est revenu à la petite cuistance des dirigeants bas de gamme . L'a peu près .
    A cela tu ajoutes - mais c'est humain - les chocs de psychologies divergentes, un staff soudé qui finit par se déliter et Fabulous Fab redevient lui-même : je fais comme je veux .
    En attendant, les AB réarment, les Sudafs continuent leur progression, les Australiens se réveillent, on va peut être être bon au Tournoi, au delà ... je n'en jurerais pas .

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  4. Excellente analyse Gariguette, nous sommes toujours aussi idiots depuis un demi siècle, vantant notre victoire du 14 juillet 1999 avec l'essai du bout du monde c'est le cas de la dire et maintenant la victoire au stade de France. Champion de tout et du rien, contrairement aux équipes de l'hémisphère Sud, plus visionnaire que nous, nous persiflons les pieds dans la merde pour une victoire iconique, celle de l'inutile comme bon nombre d'autres. On se focalise beaucoup sur les jeunes c'est une bonne chose mais il faudrait que l'effet soit durable. On n'a trop peu de recul pour savoir si ce sera l'avenir. Et quand on voit les résultast du top 14, on peut se poser beaucoup de questions envers le championnat le meilleur du monde qui finalement ne donne que peu de fruits comestibles. Patience, Socrate disait "rien n'est trop difficile pour la jeunesse".

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  5. Je continue à dire que vous êtes durs, un peu pinailleurs et légèrement ronchons. De mon côté, aucun plan sur la comète, pas de vision à 2027, pas de cris de victoire et "nous sommes les meilleurs du monde", ni d'orfraies d'ailleurs, non; rien de tout cela. Ces matches m'ont plu, m'ont intéressé, j'ai apprécié la plupart de ces joueurs, leur état d'esprit et leur plaisir évident de jouer et d'être ensemble, les discours simples, clairs, normaux et modérés. Quatre ans, dans ce genre de choses, c'est long: et à chaque jour suffit sa peine, comme dit l'autre. Et puis, si je me souvient bien, il me semble que Laporte lui-même nous disait qu'une Coupe du Monde c'était, finalement, 3 matches à gagner! Les 1/4, 1/2 et finale.....Voir l'AFS l'année dernière et, pire encore, l'état de l'Angleterre quelques mois avant!
    Pour ma part, j'attend la suite.

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  6. L'optimisme raisonné du Vieux Lion ! je prends ce qui passe, après moi le déluge. Evidemment, vu commme ça , ça se respecte voir ça se défend. Pour ma part, en vieux grognard, j'aimerais sentir autre chose que la victoire des bals musettes. Paris Roubaix, c'est une course, l'Ariégeoise cyclosportive c'est un sucre d'orge !

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  7. Vu Galthié, hier soir, dans "Stade 2".
    Pas mal....Il était, c'est sûr, en terrain conquis, mais quand même...Plutôt clair et sympa....Mais, bon, je comprends tout-à-fait Gariguette. quand on ne peut pas, on ne peut pas. J'ai la même aversion pour certaines personnes et, malgré tout mes efforts, çà coince et je me dit: "je ne peux pas voir ce type" (en l'occurrence Didier Barbelivien) ou, "je ne peux pas voir cette nana (Léa Salamé, par exemple...) et c'est très dur de passer outre.

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  8. Oui, on ne peut pas dire que les questions étaient perfides ! Sinon j'ai jeté un coup d'oeil aux derniers classements World rugby ...
    "Meilleur joueur World Rugby de l’année : Pieter-Steph du Toit (Afrique du Sud)
    Les autres nominés : Caelan Doris (Irlande) Cheslin Kolbe (Afrique du Sud), Eben Etzebeth (Afrique du Sud) .... aucun français
    Le XV de l’année
    15. Will Jordan (Nouvelle-Zélande) ; 14. Cheslin Kolbe (Afrique du Sud), 13. Jesse Kriel (Afrique du Sud), 12. Damian de Allende (Afrique du Sud), 11. James Lowe (Irlande) ; 10. Damian McKenzie (Nouvelle-Zélande), 9. Jamison Gibson-Park (Irlande) ; 7. Pieter-Steph du Toit (Afrique du Sud), 8. Caelan Doris (Irlande), 6. Pablo Matera (Argentine) ; 5. Tadhg Beirne (Irlande), 4. Eben Etzebeth (Afrique du Sud) ; 3. Tyrel Lomax (Nouvelle-Zélande), 2. Malcolm Marx (Afrique du Sud), 1. Ox Nche (Afrique du Sud)....
    Aucun français !
    Au classement par pays, 1 Sudafs 2 Irlande 3 Nouvelle Zélande 4 France 5 Argentine ..."
    A noter, pour le classement des meilleurs joueurs il y a eu 3 français sur 20 ans ( Galthié en 2002, Dusautoir en 2011et Dupont en 2021) Mais depuis 2021 l'année de Dupont il n'y a plus eu de français , il y a eu Van der Flier, Savea, Du Toit ... soit le reflet des équipes qui nous précèdent au classement mondial .
    Donc un bon français tous les 10 ans . Pour moi, la situation est nettement moins favorable que ce qu'a prétendu Galthié hier soir .
    Soyons juste : Dupont est meilleur joueur ... à 7 .

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    1. Jérôme Daret, élu par World Rugby meilleur entraîneur, Cocorico.

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  9. Après la tournée 1961, en Nouvelle Zélande, durant laquelle les Français avaient été écrasés 32-3 dans le troisième et dernier test match (essais à 3 points à cette époque), l'équipe type de l'année possédait 4 français: les frères Boniface et Pipiou Dupuy derrière, Michel Crauste devant, en 3ième ligne aile. J'achetais, à cette époque, vers fin août/début septembre un document annuel de "L'Equipe" -dont je ne me rappelle plus le nom exact- qui résumait la saison passée et présentait celle à venir avec, en particulier, toutes les équipes (56) du championnat de première division. J'adorais ces petits formats et les ai gardés très longtemps. Tout çà est fini, disparus dans de nombreux déménagements.
    J'avoue moins m'intéresser à ce genre de classement individuel et, même collectif...Beaucoup trop d'intérêts en jeu aujourd'hui...Même si les noms que tu me cites ne me choquent pas. Et, tout de même, je vois un certain nombre de français qui ne dépareraient pas la liste. A l'époque dont je parle plus haut, juste 8 équipes répertoriées, donc choix plus aisé. Et puis, par ci par là, parfois, un Roumain du style Demian ou un Italien jouant à Agen, Francesco Zani: deux très grands 3ièmes lignes centre.

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  10. D'abord merci pour cette tranche de vie dans ta relation epistolaire.
    comme d'habitude je pose la question: qui sera encore là, les joueurs, dans 3 ans pour aller en Australie?
    Une autre question à quoi ça sert de si longues préparations avant une série de match amicaux voire pour le 6 nations? en relation avec mon interrogation ci-avant.
    D'autant qu'on n'a quasiment pas vu une action 9/10/12/13 et pourtant les ailiers paraissent à la hauteur.
    l'alignement de la touche ne présente aucune garantie.
    Apparemment on rend moins de ballons au pied...

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    1. 3 ans c'est loin pour tout le monde y compris le sélectionneur. La date limite de péremption, c'est la blessure ou la non sélection si tu n'es pas dans les papiers de FG. Pour ma part, il paraît illusoire d'adhérer à un système de jeu en EDF quand tu es formaté différemment en club. Il faut du temps pour intégrer de nouvelles données dans ta tête ce qui explique que certains commettent des fautes techniques itératives. Quand tu vois Ramos, 1/2 ouverture de métier par défaut en EDF car notre réservoir est représenté par seulement par NTK, il est nécessaire de se poser les bonnes questions à savoir pourquoi autant d'étrangers en 10 en top 14 ? Enfin, stratégiquement, les aller retour Marcoussis top 14 fragilisent mentalement les joueurs et représente un non sens au final. Bien d'abondance peut nuire.

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  11. Tautor, depuis que je m'occupe de rugby, j'ai toujours entendu parler de ces problèmes de style de jeu. Les Lourdais, les Bayonnais, les Catalans, les Toulousains, les Racingmen, etc. et les difficultés d'associer ces différentes influences qui étaient beaucoup plus franches à ces époques plus ou moins lointaines. Parfois on mélangeait, parfois on prenait, par exemple, toutes les lignes arrières Lourdaises (avec succès) ou la plupart des avants Biterrois (avec moins de succès) ....et puis, en dehors des tournées, deux, trois jours devaient suffire à homogénéiser tout çà: arrivée à l'Hôtel Louvois, briefing, quelques petits entraînement et match. Mais les qualités des joueurs, leur connaissance globale du jeu, leur feeling...faisait que le jeu se mettait en place, plutôt bien en général, et que l'âme du jeu "à la Française'" ressortait. C'est, effectivement, à se demander ce que les joueurs, en permanence en train d'aller à l'école ou au boulot, avec tout un train d'entraîneurs et de spécialistes font de leur libre arbitre et de leur personnalité !? Au bout d'un moment, comme eux je pense, je sature. C'est ainsi....C'est le monde d'aujourd'hui et on s'en convainc....Ou pas, d'ailleurs. C'est "le haut niveau"....C'est le monde "professionnel". J'en resterais là.

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  12. Dans la foulée de Galthié, dimanche soir dans "Stade 2", j'ai regardé le documentaire de "L'Equipe 21" sur Christophe Dominici. Il m'a bien intéressé et, donc, bien plu. J'en connaissais les grandes lignes, mais là, quand même, sans être un spécialiste des histoires intimes, ces différents éclairages m'ont parus utiles. Et puis, l'occasion de voir certaines personnes, du style Laporte par exemple, sous un angle différent...Sous son meilleur angle me semble-t-il. Et cela rejoint mes réflexions précédentes: l'alchimie entre les joueurs prévaut certainement sur tout le reste. Et puis, tout les gens de cette époque, que l'on retrouve aujourd'hui dans la "sphère Galthié" m'entraînerait à penser qu'un genre de continuité existe, des contentieux aussi surement, mais, toutes mes notes demanderaient à être reprises et cela nous entrainerait certainement trop loin.
    Juste dire que j'ai un peu frissonné en regardant le parapet duquel Christophe Dominici est tombé à l'entrée du Parc de Saint-Cloud. Je m'y suis appuyé durant des années dans ma jeunesse, en attendant l'arrivée des cyclistes qui partaient de ce lieu de rendez-vous, tous les mardi et jeudi matin vers la forêt de Rambouillet. Mais ceci est encore une autre histoire qui serait, elle aussi, bien lingue à raconter.

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  13. André,
    Regardez le passé c'est creuser sa tombe inconsciemment. Toutes mes centenaires sont des femmes pleines d'optimisme, qui ont traversé la guerre et des périodes difficiles. Aussi marquées que souriantes, elles pensent que demain sera une belle journée et ne pensent jamais à la mort sauf comme une fatalité qui arrivera un jour. Elles ont soif de connaissances, de bavardages, de jeux et ont surtout bon appétit. Une belle leçon de vie qui pourrait servir d'axe à bons nombres d'entre nous.

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  14. Belle philosophie, mais quel rapport?

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  15. Pour aller dans ton sens, je te fais passer quelques lignes d'un roman que je lis dans le cadre de la fonction de lecteur que je tiens dans une petite maison d'édition de Valence: "La Pensée Vagabonde". Mais j'ai déjà dû en parler...
    C'est le roman d'une femme, Monique Eyraud et le titre en est: "Le goût des bonbons, c'est le goût de la parole".
    ..."Mélodie oublie. Pas tout, heureusement. Elle ignore les années qui s'écoulent et grignotent le temps qui lui reste. Pourtant l'horizon est plus grand derrière que devant elle. Mais peu importe, tant qu'elle ne croise pas un miroir, elle fleure une jeunesse éternelle. Les rides, les cheveux blancs, la mémoire qui échappe, les douleurs soudaines, les petits enfants qui occupent ses mercredis, n'évoquent rien en elle d'une quelconque fuite - celle du temps irréversible. Non, elle se lève et sourit à la chance d'une nouvelle journée à croquer."......

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  16. De passage en Lomagne le temps d'une soirée" saveurs", celle de mon enfance, candide et enjouée, j'ai revu quelques uns de ma classe du CP ! J'ai vu que les liens tissés à cet époque restent indéfectibles et mon complice pour toutes les bêtises dans le village était là pour ma plus grande joie. D'autres, plus courtois et réservé(e)s, sont venu(e)s me serrer la main mais sans plus dont le Maire ! Le thème de cette 40e rencontre Larrazétoise portait sur "la Médecine et la Santé" à l'heure des déserts médicaux. La Lomagne ne fait pas exception à la règle bien qu'elle soit encore bien lôtie par rapport à d'autres endroits de France. Mais une chose est certaine les torts sont partagés. D'un côté, une population trop mal habituée d'avoir un médecin de famille et de campagne disponible à souhaits et de l'autre, une défaillance de politique sanitaire cohérente nationale et locale au service de tous. L'époque des trentes glorieuses est terminée et même celle d'après 68 ou l'émancipation de la jeunesse a fait éclater les dogmes acquis d'une société bien stéréotypée. Avec le recul, cette soirée débat fut très révélatrice de la société actuelle. Il est facile de tirer à boulets rouges sur l'ambulance sans pudeur ni mesure en ne pensant qu'à soi. Les griefs ont fusé de partout. Personne n'a entendu deux choses. Premièrement cette infirmière, 18 ans de métier en ayant commencé à 21 ans, qui a mis la clé sous la porte creusant encore plus le désert des soins à domicile car elle n'arrive plus à vivre financièrement tellement la tarification est ridicule et honteuse au détriment d'une vie personnelle écornée. Deuxièmement, plus qu'un seul médecin sur place à Beaumont et loin d'être le plus jeune il reste viscéralement attaché à son terroir. 4 maisons médicales dont la plus éloignée est à 26 km du centre de la Lomagne. Une MSP de la Gimone (maison de santé pluriprofessionnelle) et une MSC (maison de santé communautaire) couplée à 2 autres (Lavit, Saint Nicolas de la Grave) pour palier aux déserts médicaux, rappelant les querelles de Don Camillo et Peppone ! Est ce bien utile ? L'avenir le dira mais à mon humble avis le tissu médical s'étiole fautes de convergences. Si l'école de rugby de la Lomagne à XV est florissante, renaissant de ses cendres refletant une volonté locale de traditions, quid des étudiants en Santé, meurtris dès le début de leurs études par la durée et les contraintes. Le résultat, dixit Mr Samu 31, seuls 17% s'installent à la sortie du diplôme et la moyenne d'âge à l'installation est de 40 ans. Merci Alain D, modérateur émérite, pour la tenue de cette belle journée ou je fus ravi de revenir sur la terre de mon enfance avec une de mes filles pour partager souvenirs et avenir. La médecine se meurt de bêtises, l'ovale lomagnol fleurit d'espoir.

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  17. Depusi les All Blacks, mon Kaizen personnel, la routine hivernale s'est installée au détriment de toutes joies ovales. Sauf que cette semaine, chez "Ginette", institution du quartier ou j'exerce, j'ai fait une belle rencontre et pas des moindres celle de Clément Poitrenaud. Nous nous connaissons depuis longtemps, lui et moi au travers du ST mais pas que. Bref, nous avons parlé de la tournée d'automne pour laquelle il était enchanté en terme de jeu, de résultats et d'impact médiatique. Pas le même avis que lui, un galop d'essais asiatique, un rencontre homérique avec les Blacks en suivant et un tango argentin des plus terne terminé dès la première mi-temps. Nous avons parlé du regard qu'il porte sur FG et des aller retour à Marcoussis, est ce vraiment une évolution ? Réponse limpide, jadis tu étais sélectionné ou pas. Maintenant, tu fais parti d'un pool sélectionnable, une émulation supplémentaire selon lui. Et la méthode FG sur le terrain ? Un peu langue de bois, différente de celle du ST ! Puis nous avons parlé santé ! 25 ans au club pour assoir la médecine d'Urgence sur les bords du terrain. Sa pensée s'est immédiatement tournée vers le monde amateur ou les prises en charge sont quasi inexistantes ce qui laisse à penser en particulier avec les commotions cérébrales des dégats probablement plus que de raison. On va donc essayer de trouver des solutions et ne pas faire porter le seul poids à l'arbitre avec le carton bleu. Voilà qui met en appétit surtout qu'à la table voisine siégeait la famille Bouilhou. Voilà comment se passe un repas bien sympathique. merci Clément.

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  18. Voilà deux commentaires bien intéressants. Pour en rester au rugby, j'apprécie spécialement ta relation des avis de Clément Poitrenaud auxquels je me rattacherais très nettement. Maintenant, j'aimerais en savoir plus....Mais je ne suis pas prêt à descendre à Toulouse chez "Ginette" (j'ai regardé un site à l'Ouest de la Gare Matabiau) pour çà. Si tu pouvais un peu développer...

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    1. Ginette, un bistronomique tenu par un Aveyronnais, avec un chef italien au piano, des soirées musicales. Ma cantine du midi, loin tout, ou je retrouve mon "Poulet", alias mon Frère pour parler de tout et de rien. Un plat du jour goûteux, une cour intérieure très agréable l'été, un vieux comptoir en zinc. Pour le reste, faut venir.

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    2. Sans venir, j'ai regardé photos et petit film sur le site du "restaurant chez Ginette à Toulouse"....Et on a envie d'y être..

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    3. Je ne t'ai pas vu...Peut-être une autre fois?

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  19. Journée en famille, rien vu ni lu du rugby et ça fait du bien . Mais il fut question de Notre Dame et sa résurrection quasi miraculeuse . Les perspectives politico-financières pas fameuses avaient sans doute besoin de cette respiration . J'avoue avoir été bluffée par tant de beauté, il faut ajouter que les explications lumineuses des artisans rappelaient qu'il fut un temps où l'on écoutait les gens raconter leur vie, leur métier . C'était simple et c'était beau .

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  20. Tout-à-fait d'accord avec toi. Un peu stupéfait et estomaqué par cet immense chantier mené à bien: au résultat époustouflant. J'ai eu l'impression de retrouver mes chères études durant lesquelles on me racontait cette foi magnifique qui animait tous ces constructeur au Moyen-Age. Il ne m'étonnerait pas que cet évènement puisse être une sorte de déclencheur social positif. Mais là nous verrons bien.

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  21. Tous ces compagnons du devoir et tous ces artisans qui ont oeuvré pour restaurer ce joyau qui est le fondement et le fil conducteur de notre histoire de France, c'est magnifique, grand respect à tous ces anonymes qui ont donné pendant cinq ans le meilleur d'eux mêmes. L'artisanat est un précieux joyau et ce chef d'oeuvre en est la résultante. Un tremplin pour notre jeunesse en mal de leurs mains parfois. Faire une passe au rugby se travaille, se servir de ses mains pour faire un chef d'oeuvre c'est une autre dimension. Ravi de partager vos points de vue. Pour info Gariguette, victoire des Bretons à La Rochelle avec la manière, l'aboutissement de défaites sur le fil du rasoir.

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  22. Hier un top 14, terne, sur des terrains gras pour certains, vaec un jeu de caterpillars, rien d'autres à se mettre sous la dent. La surprise est venue de la Bretagne avec des Vannais, vaillants, avançant sans répis, un buteur métronome et une Caravelle qui a pris l'eau de partout. Seul point positif, le public rochelais silencieux aux tirs au but. Sur un interview, le maritime O'Gara prend à sa charge la responsabilité du naufrage en dénonçant le manque d'implication de ses joueurs. Côté Auvergne, le volcan Urios peut se réjouir de cette large victoire confirmant que ça roule pour Michelin ! Ombre au tableau, de vraies comotions cérébrales et d'autres induites par le dentier connecté ? A suivre.

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  23. Alain D vas-y rien de plus simple, les autres y arrivent.

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    1. A la faveur de la diffusion du programme des Journées de Larrazet sur la «  médecine et la santé » à la faculté de pharmacie de Toulouse en octobre , il était dit que les fils de la mémoire contemporaine de la Lomagne seraient retissés. Je ne sais pas quel était le plus ému des deux quand j’ai croisé la route de Pauline ( la fille d’Alain) et que je lui ai dit «  ton grand-père ( le docteur Pierre Saune) m’a mis au monde ». Cette rencontre improbable mais merveilleuse me donne aujourd’hui l’occasion, de dire un mot sur le rugby .
      On déplore communément une certaine normalisation du jeu. L‘imprévisibilité des arabesques fidjiennes et les dribblings irlandais ne sont plus que de lointains souvenirs.. Le magnifique livre de Christian Pociello «  le rugby ou la guerre des styles »relèverait-il d’un autre âge ?
      il serait bon de savoir statistiquement combien d’essais sont marqués à la faveur de mauls chirurgicaux qui finissent en terre promise. L’enjeu tue-t-il le jeu ? A vrai dire le sport est à l’image de la société dans laquelle il baigne. Les grandes échappées et épopées solitaires du Tour de France ont été cloués au pilori par les enjeux économiques qui verrouillent la course. Pour autant il ne faut en rien idéaliser le
      passé. Henry Cazaubon nous rafraichit la mémoire en rappelant que France Afrique du Sud s’est achevé par un stérile 0 à 0 en 1960. ;Et a l’inverse le Stade Toulousain propose pour le plus grand bonheur de tous un rugby total qui concilie efficacité et mouvement ( on l’a spécialement perçu avec éclat et bonheur lors du quart et de la demi finale de la Coupe d’Europe 2024 )
      Cela doit nous interroger sur les effets d’optique qui peuvent nous induire en erreur sur l’identité de chaque pays du rugby , sur la culture propre à chaque nation qui sont intactes. Jean Pierre Rives en donne un exemple démonstratif . Invité à intégrer
      l’équipe All Blacks pour un match amical – suprême honneur – il dit avoir été complètement dérouté par les codes et les stratégies du jeu des hommes à la fougère, et notamment par le jeu sans ballon . Il dit avec amusement «  je me laissais guider, ils me poussaient dans telle ou telle direction».
      En résumé derrière l’apparente uniformité ( favorisée entre autre par l’ouverture des clubs aux joueurs du monde entier et sans doute par l’omniprésence de la vidéo), il est à parier que chaque pays n’a pas tourné le dos à sa singularité mais qu’il faut aller la chercher plus en profondeur.
      De la même manière, si la planète entière consomme du Coca Cola ou surfe sur Google, un chinois reste un chinois, un français un français et un anglais un anglais.




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    2. Alain,
      La Lomagne est là, avec le style, l'esprit, et le jeu. 3 piliers incontournables du rugby qui se cultivent par la singularité de l'école de rugby et de ses bénévoles. Le style, comme le forgeron, ne s'acquiert qu'en répétant des milliers de fois le geste pour façonner la beuchigue. Reste que le jeu est l'oeuvre du chef d'orchestre. Beaumont a eu la chance unique d'avoir eu Marceau Ambal qui a su, en toutes circonstances, sublimer les qualités de chacun à tel point que le joug de la 1ère ligne aurait mérité des sélections en EDF. Tel ne fût pas le cas comme dirait La Fontaine, le pot de terre n'avait pas l'émail attendu. Qu'importe un Lomagnol reste un Lomagnol. A te lire Larrazétois.

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  24. Je découvre le texte de ton ami (docteur?) Alain D Larrazet et j'ai immédiatement pensé à ces Lazaret de décontamination, de mise en attente, en quarantaine. En effet, ce texte qui m'a beaucoup plu, est marqué du sceau du recul, du retrait, de la réflexion. Il englobe passé, présent -à la façon d'un Eugène Ionesco dans son "Présent passé, passé présent"- voire futur...Mais çà? Sa réflexion, à la fois légère et profonde entre le socius et le sport, me convient tout-à-fait et me semble parfaitement réaliste. Bref, une belle entrée en matière qui ne demande qu'à se poursuivre je l'espère.

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  25. Rassure toi André, le Lomagnol est une espèce bien vivante, aux talents cachés, qui respire le rugby comme il sent l'ail, à contre courant des dogmes et des valeurs, remuant la pensée d'autrui. Ainsi Pierre de Fermat, le plus connu des Lomagnols en réponse à son contradicteur Descartes, disait "la nature agit toujours par les voies les plus courtes et les plus simples". Singulière réponse à des échanges épistolaires d'abord de l'ordre de la mathématique puis plus suaves et carabines que de raisons. Je cite tellement c'est croustillant : "la méthode générale pour trouver les tangentes des lignes courbes mérite d'être expliquée plus clairement qu'elle ne semble l'avoir été". Descartes répondit : "je n'ai pas eu moins de joie de recevoir la lettre par laquelle vous me faites la faveur de me promettre votre amitié, que si elle venait d'une maîtresse dont j'aurais passionnément désiré les bonnes grâces". Fermat conclura ainsi :"et voyant la dernière façon dont vous user pour trouver les tangentes des lignes courbes, je n'ai autre chose à y répondre, sinon qu'elle est très bonne et que si vous l'eussiez expliquée au commencement en cette façon, je n'y eusse point du tout contredit". Conclusion, pire que la Lomagne, le rugby actuel reste la bissectrice d'une demi-droite plate à égale distance de l'angle de vue constitué par l'autre demi droite ondulante et ovalesque. Quelque soit le miroir, le rugby reste une arabesque capricieuse ou chacun va trouver la vue d'un certain plaisir. Et dire que Fermat est mort à Castres puis inhumée 10 ans plus tard au couvent des Augustins à Toulouse. Quelle chance d'avoir vécu dans sa maison et d'être allé au lycée qui porte son nom. Ni magistrat, ni mathématicien, ni polymathe, un peu latiniste, je n'ai gardé de lui que le goût de l'écriture sans en avoir la verve. Heureux de savoir que le siècle des Lumières l'a habité pour mon plus grand bonheur.

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  26. Bon le meilleur du pire vient d'arriver, acquittés Jegou et Auradou. Chacun pense ce qu'il veut de cela, le gagnant indemne de tout c'est l'alcool, la drogue légale utilisées par les violeurs. Finalement, on peut boire en toute impunité ou presque, Haouas en sait quelque chose. Quelle descente aux enfers, braquage à mains armées, coups et blessures sur sa femme. Personne ne parle non plus des stupéfiants. Au final, tout va bien dans le meilleurs des mondes, les familles sont soulagées, les clubs pérorent mais on oublie le jeune Narjissi et le U 13. Heureusement que la Terre est ronde.

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    1. La FFR a tôt fait de conclure l'affaire : les deux pourront être sélectionnés en EDF . Bon . Ils ont été innocentés dans l'histoire de viol ( la plaignante a fait appel ) mais qu'en est-il de leur comportement en tournée ? Tu me diras dans le bordel ambiant ...
      Les stupéfiants : ils sont partout et apparemment la consommation est de plus en plus courante . Bientôt dans les supermarchés je pense . Le problème c'est que les vieux croient que ce n'est pas plus grave que les pétards de leur jeunesse ; il y a 30 ans mes élèves présumés consommateurs étaient plutôt calmes voire apathiques . Il y a 10 ans que leurs successeurs sont devenus agressifs et asociaux . Je viens d'entendre que la France est en passe de devenir un narco-état . Moi ça me dépasse .
      Et je me souviens alors que mes parents voulaient absolument que nous fassions du sport pour échapper -entre autres - aux dangers de la drogue !

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