21 mars 2025

 Ail et Pousse Café


Rares sont les années ou nous cumulons les titres européens en U20 et Séniors et pourtant nous ne sommes toujours pas champion du Monde. Seuls les jeunes ont réussi la passe de trois échouant en finale en 2024 devant nos éternels ennemis les Anglais ! Si nous sommes toujours en train de parler de "Galthié", méfions-nous de "Mr Borthwick" et de Borthwick Castle, le fantôme écossais qui construit aussi sa toile avec un peu plus de difficultés. Vous le savez, ce n'est plus un secret, Médol a atteint la pyramide de l'événementiel et il a fallu 26 ans !  26 ans de partage, de travail, d'abnégation, de déceptions et de joies avec un résultat positif, 2 coupes du Monde et un tournoi des VI Nations. Que cette chronique soit dédiée à toutes celles et à tous ceux qui ont fait de cette entité une marque de fabrique dédiée au Rugby et à l'Urgence avec toute l'Amitié que je leurs porte. Que sera le pousse café ? Le Stade de France a réveillé ma conscience d'observateur privilégié. Le cloisonnement de chacun nuit à une entière cohésion nationale. Et j'en veux pour preuve d'avoir passé la soirée d'automne avec Sir John Kirwan, l'antipode même d'une autre culture. Pas de barrières, un groupe seul et soudé ce que les éducateurs bénévoles vous transmettent dès le plus jeune âge. De voir Dupont isolé comme une bête curieuse m'a permis de percevoir que quand vous êtes blessé vous êtes encore plus vulnérable et traqué. Souvenir poétique d'Alfred de Vigny "La mort du loup" : "Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche, Et, sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri .... Mais son devoir était de les sauver, afin, De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim, A ne jamais entrer dans le pacte des villes, Que l’homme a fait avec les animaux serviles, Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher, Les premiers possesseurs du bois et du rocher." Tout est donc question de hiérarchie dans les tribunes au-dessus du banc du terrain ou l'escadron des fantassins sonne le halali tant attendu. Personne ne se mélange et ne se parle sauf pour lever les bras ! Les remplaçants s'isolent du staff petites mains ; à côté siègent la plèbe des invités privilégiés des joueurs, en haut "la Cage aux Folles " et dans la tribune officielle les nantis de la FFR mélangés aux politiciens et au show bizz. Facile de comprendre que chacun doit jouer un rôle sans pour autant former un groupe. Pour cela, les coulisses vous apprennent encore plus sur les petits pouvoirs de chacun. Comme tout adjudant, il faut montrer patte blanche et écouter la leçon et les recommandations très pointilleuses. Moscato a une expression que j'aime bien "des pompes à vélo" ! Vous avez donc compris qu'ici point de "pousse café" au comptoir comme au club house, que chacun a ses privilèges et qu'on ne mélange pas torchons et serviettes. Et c'est d'autant plus frappant quand vous êtes avec nos cousins Ecossais faits de simplicité, de fluidité sans barrières, très proches de leurs supporters en kilt mais aussi de leurs familles et la défaite n'est pas une fin en soi. Le plus bel exemple est Finn Rusell, souriant, blagueur se prêtant aux selfies. Cet esprit famille, je le partage au Stade Toulousain ou chacun a son rôle sans autre barrière que la bienséance ! Faut dire que depuis 26 ans, nous sommes un vieux couple ! De lire cette actualité rugbystique ou les drames s’enchaînent, ou le nouveau Président de la LNR promet d’assainir un système plus ou moins crapuleux, de savoir que la FFR est en banqueroute  que Galthié fier de sa gloire neuve fait les manchettes de la presse, que notre Dupont est tombé dans les mailles du showbiz féminin, que nous nous leurrons de virtualités et d’égo, que le pousse café aura le goût de l’ail, l’amertume de la terre bien nourrie et que la rugosité des combats ne seront qu’une illusion si nos colonnes doriques, ioniques ou corinthiennes ne sont pas plus soudées que cela, elles feront comme celles de Mycènes, du bois dont on fait des flutes. Je termine par Alfred de Musset, XIXe oblige, "la vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité".

31 janvier 2025

 VI Nations à l'Ail

Le rugby aujourd'hui passe du coq à l'âne sans commune mesure et sans vergogne tel un barnum qui se déplace au grè des vents financiers et de l'audiovisuel. Fini l'antan ou chacun attendait religieusement ce moment décalé d'un rugby national pour se mesurer aux meilleures nations européennes. La saveur n'était pas dans les commentaires de notre légendaire Roger quoique mais par le fait de la lecture des journaux spécialisés qui nous relataient les préparatifs des uns et des autres nous laissant cette saveur perdue qu'on appelait le goût. Pas de réseaux sociaux, pas de télévision ou si peu, des matchs avec le bataillon de Joinville en fond de toile pour la mise en forme et pas une armada de joueurs et de remplaçants dont on fait faire actuellement des allers et venues comme dans l'import-export pour le bétail ! L'entraineur de l'époque n'avait pas non plus une kyrielle de savants spécialistes autour de lui et encore moins la technologie d'aujourd'hui. Nous étions dans l'humain, les qualités athlétiques, une grande diversité des clubs du championnat de France et pourtant "les pardessus" faisaient dans l'ombre le bonheur ou le malheur de chacun des sélectionnés. Le rugby s'est modélisé au fil du temps grâce aux ordinateurs, aux GPS et bientôt l'intelligence artificielle. Toutes ces périodes charnières sont de courtes durées effaçant de nos mémoires le beau et la tradition. Se rendre dans l'enceinte Dyonésienne n'a pas la même saveur que d'aller au Stadium. En cela, les coupes du monde m'ont beaucoup appris sur le côté culturel mais aussi touristique des tournois. Dans tous les cas de figures depuis 1999, ma première coupe du monde, se rendre au stade n'a plus le même sens selon les compétitions. Pour les coupes du monde, nous sommes devant un public de touristes alliant le double intérêt de voyager et de voir leurs équipes nationales sans pour autant être forcément de fins connaisseurs.  Les coupes d'Europe sont l'occasion de faire la fête et de sortir de l'étreinte de la maison ou du club contrairement au top 14 pour le citer. L e tournoi est devenue une sortie entre copains ou en famille permettant d'oublier les contraintes du quotidien. Côté rugby, le plus attendu pour ma part ce sont les chants. Nous les connaissons tous et pourtant chaque année, le plaisir est là avec les poils qui se dressent. Mes préférences, "Flower of Scotland", "Land of my Fathers" et plus récemment "Fratelli d'Italia" sans oublier Rouget de Lisle. Je ne sais pas dire pour quoi, probablement l’enceinte ? Enfin et le plus intéressant sont les équipes. L’ogre français, en termes de licenciés, a le choix de 42 joueurs voir plus si on prend les listes cachées ! Quid des autres nations plus pauvres en licenciés qui doivent se réinventer à chaque saison ! Si on fait un parallèle avec la coupe d’Europe, le bilan est plus que positif pour la France ! Et pourtant, au compteur, depuis 2010, 2 tournois gagnés en 14 ans, résultat plus que famélique, anorexique ! Ce qui remet en cause les compétences de Galthié ces dernières années sans souligner la défaite en coupe du monde. Il est possible de faire une analogie avec un grand cycliste français, souvent sur le podium, rarement vainqueur, le Poulidor du rugby ! Et nous avons soi-disant le meilleur 9 du monde sur qui tout repose ou presque! A contrario, nous avons la palme d’or des 3e mi-temps avec des joueurs emblématiques et un entraineur adjoint, toulousain, rappelé à l’ordre. Tout cela devient plus que fumeux, critiquable voire inacceptable au titre de l’éthique, des valeurs et de l’image de ce sport. Reste qu’à domicile, on devrait assurer le score et pour les déplacements, rien n’est moins sûr de potentiellement gagner le tournoi. Nous sommes habitués aux contre-performances depuis des décennies. "Le hasard gagne des batailles mais le coeur ne se gagne que par des vertus". Jean Pierre Florian (XVIII.e)

02 janvier 2025

2025, Année charnière


Selon le rituel grégorien, tous Mes Voeux pour 2025, année internationale de la Paix, de la Confiance et des Sciences Quantiques. Et le rugby cette année, ou va t-il se situer à 3 ans d'une nouvelle coupe du Monde ? 

2024 nous a apporté une médaille d'or à VII avec le facteur plus de l'équipe Antoine Dupont et une tournée d'automne flatteuse. Côté championnat et coupe d'Europe, un doublé du Stade Toulousain avec l'art et la manière quoiqu'on en dise. Pour autant, comme a pu le dire Blaise Pascal "La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement et c’est pourtant la plus grande de nos misères". Si la soif de voir de grands matchs s'étiole de plus en plus, les paillettes et la dorure font oublier la misère grandissante des enjeux et des rencontres. Comme vous le savez, j'étais au Stade de France pour voir mon équipe fétiche celle de tous les records et des grands joueurs planétaires. Pour dire, 15 minutes ont suffit aux Français pour gagner un match dominé par la "Flèche Argentée" rejoignant l'aphorisme bien connu"dominer n'est pas gagner". 

A l'évidence, 2025 sera encore et surement, sauf contre performances ou exploits, l'année de l'hémisphère sud avec les Bocks, dominateurs dans tous les domaines. Leur entraineur, empreint de confiance, modifie la quantique du jeu devenu plus savant qu'il n'y parait. Cette science de la reflexion, du flair et de l'instinct ne peut être que si vous avez des joueurs d'exceptions quasiment à tous les postes. Il est simple d'opposer le jeu de main du Stade Toulousain au jeu du caterpillar des Sud Africains. De toute évidence, nous ne sommes plus dans le même registre de compétitions. Celle du championnat ou celle de l'Europe est taillée pour les toulousains en avance sur les autres équipes de part la qualité des joueurs à tous les postes, de part un système de jeu de mains bien huilé, de part un buteur quasi infaillible et de part un effectif pléthorique de 51 joueurs ! Côté mondial, l'équation est bien différente jouant plus sur le poids, l'impact destructeur et parfois la vitesse de jeu et le buteur. Il est certain que de gagner une 4e coupe du Monde galvanise tout un pays et fait surgir des provinces des talents jusqu'alors loin de penser jouer au rugby. Le pays se structure à grande vitesse nous sortant des pépites talentueuses de plus en plus jeunes. Tout est basé sur les avants, puissants, agiles, guerriers à outrance, avec un banc essentiel de 6 joueurs sur 8 capables de remplacer la totalité de l'armada sans qu'on percoive une différence. Du Toit, Etzebeth, Dupont sont les pépites indétronables de ce jeu. Alors Galthié sera t-il au rendez vous des vraies échéances? Ce qui est certain c'est qu'Habana ne le porte pas dans son coeur ! 

Mais derrière cette vitrine fumée se cachent les miasmes qui rongent actuellement l'ovale. 2024 nous a révélé quelques pépites des plus tristes dont on aurait pu se dispenser. Tout d'abord, le comportement exemplaire du joueur quand il porte le maillot national. Nous avons encore défrayé la chronique avec nos deux séducteurs de pacotilles ! Pire, en toile de fond de ce fait divers, l'alcool, ivresse aiguë des profondeurs. Rimbaud disait "l'ivresse, c'est le dérèglement de tous les sens". Aujourd'hui, on nous parle trop souvent de la commotion cérébrale que l'on a découverte au travers de la NFL, de l'AHL et la LAH. On s'améliore en fermant les yeux mais la prévention mis en place ne sera appréciable que dans 10 à 15 ans avec l'apparition de leucoencéphalites post traumatiques le cas échéant. 

Autres sens camouflés sont l'alcoolisation, les stupéfiants, la dépression, la violence. Carl Hayman coche toutes les cases, la démence, l'alcool et la violence conjugale. Lui qui fût au firmament du rugby néo-zélandais est aujourd'hui en sursis d'aller en prison. Je ne peux oublier Marc Cécilion, que j'ai croisé en 1995 au CREPS de Toulouse pour les tests médicaux d'avant matchs de la coupe du Monde en Afrique du Sud. Une foce de la nature, se rebellant contre Berbizier, fumant cigarettes sur cigarettes avec quelques autres et alcoolique connu pour être festif. La vérité, laché par le monde du rugby qui savait, un soir en ivresse aiguë, il tua sa femme. Deux cas, deux extrèmes bien parlantes de ce monde opaque ou la conscience collective frise l'abnégation. 

La dépression n'est qu'une corollaire à cela car du jour au lendemain, sans reconversion bien pensée, vous sombrez vite sans gardes fous. Cruauté aussi celle des violences conjugales (Haouas, Houkpatin, ...), de la délinquance civile (cambriolages, vols, etc.) et les viols. Enfin, après sept ans d'un procés interminable, 3 joueurs écroués avec 14 ans de prison ferme. Personne ne parle du rôle des stupéfiants hormis Jegou ! Et pourtant, dans ces moments festifs, la came circule abondament, à huit clos vous détruisant physiquement mais surtout psychiquement. Et je n'ouvre pas la porte du dopage, un monde obscur de l'entre-soi piloté par World Rugby pour que ce sport soit propre. Vous avez donc compris que la quantique au sens figué du terme est ce qui passe brutalement d'une valeur à une autre, sans valeurs intermédiaires. 

Cette année sera donc charnière au delà de tous les autres problèmes anonymisés ou TUS (les troubles liés à l’utilisation de substances (TUS) : une maladie cérébrale à part entière, progressive, chronique et potentiellement mortelle), il est grand temps de tirer la sonnette d'alarme avant un désastre planétaire. Restons optimiste avec le XV de France accablé par un perpétuel renouvellement de joueurs et avec un fond de jeu qui va dans le sens contraire du vent et parfois de la logique.


16 décembre 2024

Rugby et Gangrène

Depuis la nuit des temps, le sport a trainé derrière lui des tragédies de toutes sortes. Je ne reviendrais pas sur l’Antiquité et les jeux de Rome, temple de la perfidie humaine ou les performances n’ont eu d’yeux que pour les divinités et les empereurs. Plus proches de nous, en l’espace d’une peu plus d’un demi-siècle, le rugby a transformé des us et coutumes de vie en gangrène. Cette gangrène, chère à Louis XIV, dont il mourut dans des souffrances atroces laissa indifférent son petit fils Louis XV plus adepte de frivolités que de gouverner. L’histoire se répète toujours. Je me souviens en Lomagne, les avants matchs étaient copieux en graisses, viandes et alcool mais aussi après matchs ou les boissons coulaient à flots chez les supporters. Cette tradition séculaire de bien manger et de bien boire qu’on dénommait "banquet" depuis la royauté remonte à Platon, discours portant sur la nature et les qualités de l’Amour ! C’est dans ces discours que l’on retrouve le "mythe" des humains doubles ou entiers qu’étaient le mâle, la femelle et l’androgyne. Malheureusement, la pensée de Platon a été travesti au fil du temps. Bien plus près de nous, chacun connait l’importance des 3e mi-temps sur tout depuis l’avènement du rugby professionnel. La transgression de tous les codes, l’absolu impunité du tout permis. Combien de jeunes et moins jeunes morts au petit matin sur la route. Je pense à Boniface en particulier. Mais l’actualité a vite fait de rattraper cette chappe de plomb devenue insupportable. Tout d’abord, pour mémoire, Christchurch, 2013, avec la table de nuit avec laquelle Bastareaud s’est cogné dans un contexte d’ivresse profonde dans les bas-fonds de quartiers peu recommandables. Edimbourg, 2018, défaite et soirée plus qu’arrosée par certains internationaux du XV de France finissant en bagarre de rue et au commissariat. Le bouquet final, 2024, ou 2 joueurs furent visés par une procédure judiciaire pour viol aggravé sur fond d’ivresse aiguë et probablement de stupéfiants. Acquittés, ils sortent "a hombros" avec un non-lieu. Magnifique pour la France et le rugby. Et la cerise sur le gâteau, pour "un viol en réunion" commis en 2017, un soir d’après match de top 14. 3 rugbymans écopent de 12 à 14 ans de réclusion criminelle et les 2 autres, 4 ans et 2 ans. La gangrène a frappé lourdement notre sport, trop sûr de lui, trop pernicieux dans ses dérives. Bien entendu, toutes ces affaires ont un point commun l’alcool, ivresse aigue voir chronique de nuits profondes funestes. Le mal est fait, il est su et maintenant connu sur la place publique. Image d’une certaine décadence sociétale du "no limit", la guillotine est tombée lourdement. Quelle sera la position de la FFR qui défend nos deux argentins ou la LNR préoccupée par les élections de 2025 ? Sans parler des journalistes toujours présents pour le croustillant bien moins pour l’éthique et la morale. Reste qu’au-delà de l’alcool, personne ne parle des stupéfiants (cocaïne, tramadol, GHB, corticoïdes, amphétamines, anabolisants…). Méafua, Montalbanais, joueur de Pro D2, décédé en sautant d’un pont en 2022 sous l’emprise de l’alcool bien sûr et de stupéfiants selon la toxicologie. Un beau cercueil, un beau discours et motus collectif. Alors, oui, l’alcool tue bien plus que la commotion cérébrale et n’est pas digne de sportif de haut niveau. Tout le monde se souvient surement de Marc Cécilion, rongé par l’alcool jusqu’au coup de feu fatal. Et Dominici, un suicide contenu … Il est grand temps de revoir la copie sur toutes ces pratiques, ces mœurs, et ces non-dits ou nous sommes des complices avertis. La gangrène est redoutable et le traitement pire. "Le drepou est à l'âme ce que la gangrène est au corps : un poison qui vous ronge de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien".

23 novembre 2024

 Noir où Bleu



Noël est arrivé en avance cette année pour sublimer ce moment intemporel et unique qu'est France All Blacks. Oui j'y étais, juste au dessus de la cabanne des Blacks avec Sir John Kirwan à mes côtés. Moment solennel d'une vie ou 25 ans d'espoir, de patience et de travail s'oublie devant une telle féérie. Oui, tel un dieu, le stade de France s'est métamorphosé en mythique Dyonisos, de par son enceinte et non parcequ'il est le dieu du Vin et de l'Ivresse. Noir et Bleu, par un éclairage féérique en mode clair obscur sur la pelouse, a mis en lumière le Haka dans un silence digne des dominicains. Dame Lune n'avait plus qu'à donner l'étincelle attendue pour que rayonne le spectacle de mille feux. Saveur ultime que d'écouter Kirwan et les remplaçants assis au dessus de moi reprendre le Kapa O Pango en coeur. Mieux encore tous les remplaçants et blessés se sont arrétes devant ce monument vivant qu'est Sir Kirwan, le saluant avec respect et, à chacun d'entre eux sans exception, il aura un petit mot. Cette simplicité, ce sourire naturel derrière des lunettes de rock star, cette élégance, m'a fasciné montrant a quel point les racines sont là, bien ancrées et belles à déguster. La soirée prenait donc une autre dimension, inattendue, inoubliable, à côté de cette icone du rugby me rappelant ce souvenir de 2006, sur les toits de Gerland ou je découvrais Johna Lomu dans un match à sens unique. Plaise à dire que de l'autre côté  du tunnel des gladiateurs siégeait l'establishment français, morose, sans saveur, ni odeur. Le contraste était frappant digne d'une série noire ou l'on sentait qu'une défaite serait synonyme du son du glas pour certaines têtes. Le pire, que personne ne voit, c'est d'observer tous ces courtisans de la fédération, imbus de leurs responsabilités d'un soir, oeuvrés pour une symphonie en sol mineur. Pire, le bonnet rouge digne du commandant Cousteau, était dans le viseur des caméras de la "Komandatur" nécessitant de montrer mon accréditation et de le retirer par transparence ! Quid du match. Sans surprise, dominé par les "Noirs" dans tous les compartiments de jeu avec un passage à vide en début de 2e mi-temps qui leurs coûtent la victoire. Se faire un croque en jambe à la 60e et 70e en ne donnant pas des ballons d'essais a fustigé la colère de mon voisin, John, ecoueré d'un tel individualisme qui résonne faux dans les gènes de la "Fougère argentée". A sa décharge, faute de produire du jeu, la défense "Bleu" fût héroique de bout en bout avec assez peu de fautes au final. John, avec humour, me serra la main pour cette victoire et son contact me donna encore plus le goût et la saveur d'aller aux antipodes pour partager la culture de l'ovale argenté. La victoire, comme si c'était "la libération de Paris", laissa place à l'euphorie sur le parterre des officiels dans lequel je me suis infiltré pour serrer la main de quelques personnalités dont le 1er Ministre et le Président Grill qui félicitaient Fabien Galthié tout sourire et dilétante. "Panem et circenses" pour cette tournée d'automne, tant pour l'équipe de France que pour le public, illuminés par le jeu des couleurs et par la musique énivrante. Du "Noir" de la coupe du Monde, nous sommes passés au "Bleu" de l'inutile tellement l'enjeu est futile, grotesque et sans lendemain. Une fois de plus, notre hilarité de gaulois nous perdra dans la cascade des matchs amicaux, révélatrice plus de nos faiblesses que de nos forces. Si Bachelard disait que "le noir est le refuge de la couleur", je retiendrais ceci “entre les croquis et la toile, la couleur fait foi de tout, la couleur crée l'émotion et laisse jaillir l'étincelle de la création" (Norman Reid). Le Noir fût le symbole de ma soirée après 25 ans de couleurs diverses et variées.

11 novembre 2024

 Le 11 Novembre


Le challenge FOCH - RONARC'H (2013) est un match commémoratif de rugby organisé le 11 novembre en mémoire des anciens, entre le rugby club de l'armée de Terre (RCAT) et le rugby club de la Marine Nationale (RCMN). Il fut le terreau de l'équipe de France, Championne du Monde Militaire en 2023 à Vannes en battant les Fidji ! Dusautoir, parrain du challenge, dit "dans le rugby nous partageons beaucoup de valeurs avec l’armée : goût de l’effort, esprit d’équipe, esprit de corps, dépassement de soi". Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à Twickenham, l'armée de Terre est opposée à celle de la Marine devant 60 000 personnes pour la même cause. Les All Blacks, à chaque visite en France, vont se recueillir sur les tombes de leurs aïeux pour que le souvenir ne soit pas qu'une date de l'histoire. Mais l'impensable est là aussi, le 24 octobre 1918, le Figaro annonce la tenue d'un match de rugby entre l'équipe nationale de l'Armée Française et la Nouvelle-Zélande au profit de la Maison des journalistes ! A peine pensable aujourd'hui quand on connait le nombre de morts. Il est une évidence que même à l'époque, il existait un décalage entre la réalité et la fiction. Si le 02 novembre est le jour des Défunts, le 11 Novembre est le symbole d'une paix chèrement payée pour une guerre stérile à tous points de vue.

Que retient le rugby de ces années noires ou les fantassins bleu cocarde allaient au front la fleur au fusil pour une guerre éclair ? A vrai dire, pas grand-chose quand on sait que pour le week end de Toussaint, deux joueurs de l'US Dax (Pro D2) ont été mis en garde à vue pour "agressions sexuelles" et "violences sous alcool". Dusautoir a bonne mine tout autant que le rugby français entré dans une période de puritanisme qui me fait penser au catharisme puisque nous sommes en Occitanie. Le prêchi prêcha du président Grill est d'un formalisme illogique et à contre-courant de la société actuelle. Comme si lui ne buvait pas à l'occasion ! Depuis longtemps, Bacchus est synonyme de plaisirs libertins et la médecine paie une lourde contribution avec les bizutages, les addictions et les viols. L'ovale n'échappe pas à la règle sociétale actuelle tout comme le football avec les frasques de certains joueurs et tous les non-dits dont on ne sait rien.

L'année 2024 est à marquer au fer rouge avec les dérapages verbaux, l'alcoolisme, les addictions et les violences sexuelles et familiales. Pire, in memoriam, 2 jeunes espoirs des EDF ont perdu la vie face à la bétise humaine ou pire l'incompétence professionnelle et le seul refuge à ces peines n'est que la justice. Le bouquet final pour ce jour de recueil, si je puis me permettre, c'est le carton rouge que j'adresse au public rochelais pour avoir ovationné Jégou pour fêter son retour sur le terrain et pour son essai. Du dégout à l'état brut, rien de plus. Le devoir de mémoire ne dure pas cinq minutes comme sur les réseaux sociaux mais des décennies voir des siècles maintenant et le rugby ne doit pas se soustraire à ces traditions !

18 octobre 2024

 Présidence, Aïe et Vérités




Le 19 Octobre, nous allons connaître le nouveau Président de la FFR. Pour n'offenser aucun des lecteurs, sensibles surement avec raison aux deux prétendants, Ail et Rugby va essayer de prendre de la hauteur non pas par rapport aux programmes de chacun mais par rapport à la situation actuelle. Le rugby amateur, puisqu'il s'agit de lui, serait-il le dindon de la farce dans cette course à l'échalotte ?  Chaque candidat, comme à l'accoutumé, promet monts et merveilles caressant les dirigeants dans le sens du poil ! Souvenez vous de Bernard Laporte, avec sa gouaille, son énergie, ses licteurs comment il a gagné un combat perdu depuis longtemps par Pierre Camou du fait de son immobilisme et surement de part sa maladie. Depuis plus d'un demi-siècle, les pardessus de l'ovale ne furent que des chimères pour les amateurs du dimanche, plus préoccupés par la vitrine du XV de France pour se faire réélire. Seulement, la donne a changé. L'informatique, les réseaux sociaux, le tissu socio économique, l'argent, le pouvoir local ont déstructuré de nombreux clubs agonisants ou en dépôt de bilan. Car la première des choses à savoir d'un club amateur, c'est qu'il ne vit principalement que des subventions des politiques locales, des entreprises, rarement de mécènes, mais surtout du bénévolat et de l'école de rugby. Le bénévolat est la force vive du club à tous les niveaux, le vivier intemporel depuis des dizaines d'années. J'ai connu cela du temps du grand Beaumont, il y a un peu plus de 50 ans. Une poignée de bénévoles, visionnaires, masculins pour l'essentiel, passionnés, donnaient sans compter pour que le club, le village ou le bourg puissent se maintenir a un niveau national.  Est venu, comme partout, le creux de la vague pendant de nombreuses années, avec la fuite des résultats, les descentes de divisions, le manque de trésorerie, l'égrénage insensible des volontaires. A celà s'est greffé la fonte des écoles de rugby induite par une féminisation de l'éducation nationale et par l'émmergeance de sports nouveaux, moins durs, plus funs attirant les chalans du moindre effort ! Beaucoup de clubs amateurs ont donc bien compris qu'il fallaient se regrouper devant cette faillite organisée par un changement des mentalités, par une modification outrageuse de la société, par la démocratisation sans limites et sans failles des réseaux sociaux. Tous ces jeunes qui ont encore la foi viscérale et intergénérationnelle du rugby méritent et suscitent un intérêt majeur dans l'apprentissage d'un rugby moderne encadrés par des anciens. Il existe aujourd'hui un engouement féminin qui s'étend pour mon plus grand bonheur. Mes deux filles font du rugby, les clubs regorgent d'inscriptions tant à XV qu'à VII. Ceci ne se dément pas même en Lomagne. Et puis il y a le phénomène Dupont. Même moi avec les U16 et NTK, il y a 10 ans, battu par lui et toute la pleïade connue des gersois en comité de sélection, je n'aurais jamais pensé ou vu un tel destin à ce garçon pur produit de l'école de rugby de Castelnau Magnoac. Comme quoi, il ne faut jamais douter de rien, se retrousser les mains et l'esprit pour se dire que de creuser un sillon, il fleurira une graine, celle des champs, celle que l'on aime et celle que l'on continuera à cultiver par passion. Rien ne meurt, tout se conserve par le bénévolat et l'école de rugby, mamelles du rugby. Daniel Herrero a cette formule imaginative : "j'ai longtems arpenté les chemins d'Ovalie, le territoire sans frontières des amateurs de rugby. C'est un monde où l'on se rencontre plus qu'on ne se croise".

26 septembre 2024

 "KAI - ZEN"


Si un jour, on m'avait dit que je parlerai d'alpinisme, moi le Pyrénéen, sur un blog de rugby j'aurais haussé les épaules. Et pourtant, pris par le film polémique d'Inoxtag, Youtuber du moment, j'avoue que je me suis laissé pieger comme un débutant par l'histoire de ce garçon, aux 8,5 millions d'abonés, qui surement grisé par la routine, avait besoin de se lancer un défi et pas n'importe lequel celui de faire l'Everest. Tous les moyens sont mis dans ce projet, tant cinématographique, que publicitaires et financiers. Rien n'échappe à la sagacité de ce jeune de 22 ans excepté l'expérience de la Montagne.  Le Dr Paccard, Médecin, Chamoniard, fut le premier a réussir l'ascension du Mont Blanc en 1786. S'en suivirent une légion depuis mais ma mémoire sélective retiendra René Demaison pour les Grandes Jorasses vaincues en hivernale par la face nord laissant son compagnon décédé dans la montée. Bien sûr, personne n'a oublié Herzog et Lachenal, ni Catherine Destivelle, Vallançant et Boivin. Ces deux derniers, je les ai connu aux Arcs, à l'école de ski, ou assis sur une réputation d'alpinistes confirmés, ils développaient les sports extremes (le ski extreme dépose en hélico sur des sommets, le parapente, le delta plane et le base jumper). Boivin fut le premier à descendre l'Everest depuis le sommet l'Everest en parapente. Il se tua en Amérique du Sud en basejump. Et je n'ai pas cité Kilian Jornet le Catalan aux nombres de records de sommets de plus de 4000 m franchis, mais aussi pour avoir gravi sans oxygène, seul, l'Everest, 2 fois à 8 jours d'intervalle. Lui est un cas d'espèces car c'est un trailer hors norme tellement il a de records en haute montagne avec des dénivellés à couper le souffle de beaucoup. Ce n'est pas un alpiniste en soi mais il fait parti de ce cercle très fermé de montagnards illustres. Il faut être bien conscient que ces sportifs ont consacré leurs vies à la performance, à l'entrainement et aux défis et qu'à la base ils sont guides de haute montagne comme Mathis Dumas qui a accompagné Inès Benazzouz de son vrai nom dans cette folle aventure. Avec de l'argent, on se paie tout ce que l'on veut, un service médical de pointe, le top des caméramens, un matériel de haute montagne dernier cri, les meilleurs sherpas dont le chef qui a gravi 18 fois l'Everest pour des raisons purement alimenetaires y laissant au passage des doigts gelés et amputés. Monter au Mont Blanc ou à l'Everest à la bonne saison est une promenade de santé nécessitant une bonne endurance à la marche et à l'effort. Jornet ne mache ses mots en parlant de tourisme d'altitude posant le problème du modèle d'ascension par rapport aux capacités qu'ont les gens. Il souligne que l'écologie et la pollution sont au rendez vous, que les cadavres restent congélés sur place, que la les glaciers sont des poubelles sur les camps de base mais aussi au fur et à mesure de la montée. Le trekkong d'approche n'existe plus remplacé par l'hélicoptère. Aussi "Kaizen" n'est autre que le reflet de ce consumérisme populaire qui vient chercher un CV pour pouvoir dire qu'il a réalisé un exploit. Non il a fraudé avec la nature, la montagne et ses valeurs. Ce film est un vrai documentaire interrogatif sur la montagne de demain. Je retiendrais quelques images, celles de penser à ses parents soit avec le smartphone en écoutant son père alors qu'il a la Covid compremettant la suite de l'expédition, soit le ruban sur son chapeau de paille ou sa mère lui laissa un message et sur le fait qu'on peut vivre sans téléphone ni réseaux sociaux ! Belle hypocrisie de sa part puisqu'au bas mot, le bénéfice net de cette opération est de 2 millions €. Je ne minimise en rien sa performance sportive dans le plus grand des conforts entourés de professionnels. Le "Kaizen' est donc une méthode de management de la qualité ni plus ni moins et de l'amélioration continue du soi. Pour conclure, "on a toujours les défauts de ses qualités, rarement les qualités de ses défauts." H.G.Welis. Et un clin d'oeil osé à V. Hugo "on voit les qualités de loin et les défauts de près."

04 septembre 2024

"Euskara !"





De la Rhune au gâteau basque, la poésie est dans le regard des paysages comme la saveur des gouts est dans l'assiette. Vous avez compris que de la terre à la mer, du sucré au salé, des marées à l'arène, le fil conducteur de ce week-end fût porté avant tout par l'Amitié en rouge et vert mais aussi en bleu et blanc. Pour mieux apprécier cet arc en ciel de lieux et de rencontres, il fallait une arène celle de Lachepaillet (lâche le chapeau en paille ou le paillet selon les anciens) ou sont passés Picasso, Hemingway, Montherlant, Mérimée et Napoléon III. Arène de première catégorie, 10 000 places, elle date de 1893. J’ai donc eu cette chance unique de revoir Roca Rey que j’avais déjà croisé en 2018 à Valencia. Le chemin parcouru par ce péruvien depuis son alternative dont le parrain ne fut que l’indicible Enrique Ponce a montré qu’il a les gènes de la tauromachie dans le sang. Deux faenas abouties, attendues, dans un silence religieux, avec des airs copiés à Ponce bien entendu. 4 oreilles sont venues effacer en partie la misère des deux premières corridas. Sorti à "hombros", j’ai profité de l’occasion pour aller voir tous les paparazzis locaux alléchés par la nouvelle gloire du dimanche soir. De fait, la politique, le monde du rugby et des affaires sont au rendez-vous pour des agapes studieuses. A Anglet, vers midi, je déambulais avec mon Ami sur un marché ou ça fleurait bon les produits locaux, les basques travailleurs avec un sens remarquable de l’hospitalité ! De la gouaille, du professionnalisme, des anecdotes sur les produits locaux et sur les familles qui font vivre ce lieu en toute simplicité. "Biltoki" a redynamisé les centres villes avec du bon, du local et du partage. Pari réussi pour l’agora basque. Un conseil, allez-y et laissez-vous porter par ce rayon de soleil de l’alimentaire traditionnel. La veille, nous étions sur un éperon rocheux, caché dans les méandres sur la côte de Bidart, ou règne le paradis des surfeurs et le cabanon du plaisir gustatif. Ici, rien des bancs en bois, la bise de la mer, la houle côtière ondoyante de surfeurs et le patron, installé là sur un coup de foudre, nous livre des produits de la mer d’une fraicheur remarquable : thon rouge, seiches, etc. Le rugby n’est pas en reste, non pas le fleuron actuel du pays qu’est l’AB mais celui plus local de Saint Jean de Luz, club de Nationale. Comme en Lomagne, j’ai retrouvé tous les marqueurs du territoire amateur. Encore un moment unique dans ce pèlerinage ! Se déplacer à moto permet de s’énivrer des beautés cotières avec en fond de teint la Rhune, sommet des sommets locaux. Tout ceci laisse donc rêveur au premier abord donnant l’envie de s’implanter dans ce territoire si singulier.  Ne croyez pas que vous êtes attendus la bouche ouverte car la priorité est donnée aux locaux. Seul le temps vous assimile ce qui fut jadis la Navarre pour de venir le Pays Basque. "J'aime cette idée qu'il suffit d'habiter au Pays basque pour devenir basque" n’est qu’une boutade car il faut savoir monter autre chose que soi-même. Un proverbe local vous prévient "Celui qui a passé le gué sait combien la rivière est profonde". Et comme tous disent "Audace, Résilience, Persévérance". Eskerrik Asko.

26 juillet 2024

 "De l'Olympe à Paris"



De la Terre au Soleil, seule la Lune est capable d'être au rendez vous à la croisée des chemins de ce que les Grecs ont voulu appeler concours sportifs pentétériques mettant en concurence les cités grecques entre elles. Pierre de Coubertin, très anglophile, a compris avant tout le monde le bénéfice de faire du sport et de la pédagogie en créant en 1894 le Comité International Olympique. Champion olympique de tir, arbitre de rugby, sa vie fut dédiée aux sports pour notre immense bonheur. Que de chemins parcourus depuis l'Antiquité pour arriver à la quintessence actuelle du sport qui n'a plus rien d'amateur ou en partie. Il suffit de voir le rugby, le football, le tennis, pour bien comprendre l'évolution. Finalement, "l'important c'est de participer". Plus friand pour ma part de la formule "il y a dans les moeurs, comme dans l’histoire, des conquêtes imprévues", il faut aller au bout de soi même pour idolatrer la performance mais aussi aller chercher le soi afin de vaincre tous les a prioris que sont les freins de la pensée reçue ou unique. Cet agnosticisme, Mère Térésa l'avait traduit par cette formule magique "moins nous possédons, plus nous pouvons donner". Qu'allons nous garder en mémoire de ces Jeux pharaoniques ? Son côté Lumière, son chantre d'Ulysse, de Roland ou du bonnet phrygien, son appétence à l'Or ou plus communément son admiration du sportif ? Si Paris m'était conté, de 1924 je ne sais rien sauf à lire Chat GPT ! Mais aujourd'hui, après une soirèe ordinaire à 7 avec quelques surprises, je crois que si nous gagnons les JO, mon bout de vie restant complètera la parabole entre le 7 d'Or et mes U16 (N'Tamack) perdant à Argeles Gazost en sélection contre le Comité Armagnac Bigore d'Antoine Dupont, Aldritt et Jelonch . Ce serait faire offense à la magnificence des Jeux dans son ensemble mais aussi de n'avoir que le prisme d'un sport au détriment des autres. "Paris brûle t-il ?" film culte de la Libération de la Capitale des Gaules par l'envahisseur reste un frisson musical et cinématographique alors que j'avais 7 ans, vécu par mon Grand Père alors Résistant, Commandant, rejoignant la 2e DB de Leclerc. Aujourd'hui, au delà de la fête populaire et de l'ouverture des Jeux, je penserais à Lui et à tout ce qu'il m'a raconté sur les joies, les pleurs, la liesse parisienne et la poursuite de la mission vers l'Est. Ce soir, j'attends de la féerie, du rêve et du bonheur suspendus à cinq anneaux ou la Lune sera le témoin d'une nuit olympique. Ne baffouons pas cet instant unique dans une vie car il sera le socle de l'avenir de notre jeunesse qui nous fera vivre de nouvelles exhubérances bien loin de notre imaginaire. Alors place aux Jeux : " Citius, Altius, Fortius, Communiter ".

29 juin 2024

 "Ô Toulouse"



1967, personne ne se doutait que cela deviendrait l'hymne du Stade Toulousain, encore moins Nougaro qui nous a quitté il y a 20 ans ! Presque 60 ans que je vais à Wallon avec autant de ferveur, d'admiration et de bonheur dans ce club à la culture si particulière, celle du jeu à la main, celle du jeu toulousain. Des entraineurs, de grands joueurs internationaux ou pas, des figures emblématiques, et une entité unique "Les Amis du Stade Toulousain" propriétaire de cette pépite. N'oublions pas qu'Ernest Wallon, Professeur à la faculté de Droit, Président du Stade Olympien des Etudiants de Toulouse (SOET) fut le fondateur des Ponts Jumeaux ni plus ni moins. Un génie, avant gardiste, visionnaire dont le Président actuel Didier Lacroix n'est autre que la continuité du passé avec une touche moderne. Lui même le disait ce soir, "il fallait souffler sur la braise encore tiède". A croire que ça marche. Pour en arriver là, il faut des bases celle de l'école de rugby mais aussi le recrutement loco régional voir plus loin. Les éducateurs sont les anciens du club, personne d'autres, un temple fermé, recroquevillé sur son ADN depuis des décénnies. Personne n'est oublié, une grande famille ou tout le monde respecte tout le monde, du concierge au chaufeur de bus en passant par les jardiniers. Oui le Stade Toulousain c'est celà.  24 ans que j'ai signé pour apporter un autre regard sur l'Urgence "joueur" mais aussi dans les tribunes. Avec le recul, je savoure avec ce regard aimant de voir que la foi soulève des montagnes. Rouge et Noir ou Noir et Rouge, qu'importe, Stendhal disait "L'amour est la seule passion qui se paie d'une monnaie qu'elle se fabrique elle-même." Alors encore un doublé historique avec une génération dorée articulée autour d'Antoine Dupont, le meilleur une fois de plus ce soir avec Willis. Il aurait pu naître à Wallon tellement il en a les gênes. Marqueur, passeur, rien ne lui résiste dans ce rugby moderne et ce soir il a vaincu cette défaite gravée dans son coeur, celle de la coupe du Monde. Son regard en dit long car il est toujours difficile de revenir sur la terre d'une croisade perdue. Ne pas parler de Mola serait faire injure à ce garçon qui a mis du temps pour trouver ses marques. Il vit un rêve éveillé celui d'être Champion sous toutes ces formes. Un 23e Brennus, une 2e coupe d'Europe et néanmoins il parle des Crabos qui demain joueront le titre pour être Champion de France. Quand Elstadt, Faumina et Arnold traversent le globe pour être stadiste, sans parler des anciens qui sont là en tribunes, c'est une signature, que dis je un tatouage gravé dans la peau. Tous ces clubs amateurs de la région sont fiers du Grand Frère, sont heureux d'envoyer leurs pépites vers le meilleur. Rien n'est plus gratifiant pour un éducateur de savoir qu'un petit bout du Brennus est le fruit de son travail. Il ne faut pas oublier non plus que pour exister voir briller il faut des adversaires. Hier soir, Bordeaux n'était clairement pas invité à la dégustation d'un grand cru. Bru comme Marti ont cruellement compris le message. Un autre devrait aussi comprendre celà, c'est Galthié, le Columérin, dont la porte d'accès au ST a toujours été fermée sécrétant chez lui une certaine animosité contenue et cachée. Aujourd'hui, Toulouse fait mieux que l'EDF dans tous les compartiments du jeu. La soi disante galactique ligne arrière de l'UBB ne mérite pas l'estampille "Coq de France" mais tout au plus coq de Gironde. Nous ne sommes plus habitués à une telle hégémonie comme du temps de Béziers qui a dominé le rugby français avec une génération de joueurs exceptionnels et un Raoul Barrière visionnaire avant tout le monde. C'est aussi cela l'identité de Toulouse, être avant gardiste. Alors, oui, Nougaro, l'enfant de Toulouse, des Minimes, peut dormir tranquille, le Stade l'a épousé avec son hymne de la ville Rose ou les mémés aiment la castagne.

01 juin 2024

"Vers un Final Aillé"




"Beati pauperes spiritu", Sermon sur la Montagne (Saint Mathieu) signe une parabole pour dire que bienheureux sont ceux qui réussissent sans intelligence. Le Stade Toulousain a su patienter avec intelligence et opiniatreté pour obtenir le graal et l'ascension ne fut pas de tout repos. Comment arrive t-on à triompher de finale en finale quand, à côté de ça, nous n'avons pas été au rendez vous de la coupe du Monde ? Cette genèse assez paradoxale s'est construite au fil du temps et n'est pas en soi le seul fruit du hasard. Si Voltaire a repris Lucrèce dans le dictionnaire philosophique soulignant que "Ex nihilo nihil, in nihilum posse reverti", le Stade a su patiemment construire sur son passé, sa culture et ses hommes qui ont fait de ce club celui le plus titré de France et d'Europe. A croire que deux hommes aux destins croisés ont su faire l'almagame d'une incertitude raisonnable ! Didier Lacroix, homme d'un seul club alors que son destin d'enfant le prédestinait lau football, finalement joueur de rugby, il a gravi toutes les étapes jusqu'à la Présidence tant convoitée. Inébranlable dans sa foi du "Rouge et Noir", il aurait pu rester "Julien Sorel" l'homme passé au séminaire. Nenni, quand vous regardez le ciel (Ader, l'Aéropostale, Saint Exupéry, Ariane, Airbus) votre obsession c'est de voir les étoiles et la grande ourse celle du guide. Elle est venue à lui comme un prophète au lendemain de victoires, Champion de France, Champion d'Europe, mais jamais international, la soif de réussir était en lui comme pour des brillantes études à l'ESC. Durant ses années joueur comme 3e ligne, il a crosé le chemin d'(H)Ugo Mola lui aussi Champion de France et Champion d'Europe (meilleur marqueur d'essais). International à XV, peu de gens savent qu'il fût aussi International à VII. La carrière terminée de joueur, il bascula immédiatement dans son rôle actuel d'entraineur, épousant Mazamet, Castres, Brive, Albi et enfin le ST. Presque 20 ans pour être en haut de la Pyramide du jeu, celle de la consécration. Et pourtant, à l'appel de Lacroix, il revient à Wallon alorsqu'il ne brillait pas. Les premiers temps furent durs fautes de résultats mais l'apport d'une jeunesse dorée lui a permis de prendre confiance et d'exprimer son talent. Tous les deux, complices, sont stadistes jusqu'au bout des ongles et partagent le même ADN. Ce sont  des gagnants, élevés à l'école toulousaine, entourés de toulousains tant sur le terrain que dans les bureaux. Ils ont eu comme mentors Novès et Bouscatel des purs sangs du rugby de la ville Rose. Connaissant Didier, aficionado comme je le suis, pour avoir partagé 5 ans avec lui les férias de Fenouillet, sous l'apparence d'un rieur se cache l'âme d'un garçon plein de sensibilité, d'intelligence, de clairvoyance et d'humanité. Alors oui, la réussite n'est pas le fruit que de l'intelligence mais aussi celui du travail ou sans cesse on remet le couvert histoire que la perfection soit au rendez vous de l'histoire. "Homo homini lupus" et donc pour contrevenir à ce dilemme "Nosce te ipsum" introspection à mieux se connaître soi même au final !

01 mai 2024

"Jeux Olympiques à VII"


Du haut d'Olympie, 12 siècles de JO nous contemplent ! Homère, dans l'Iliade, fût le premier à parler des Olympiades écrivant dans le XXIII chant de la guerre de Troie à propos d'Achille ceci "Fils d’Atrée, et vous autres, Achéens porteurs de bonnes jambières, voici déposés là les prix qui, dans la compétition, attendent les hommes d’attelages. Si nous, les Achéens, nous faisions aujourd’hui des jeux en l’honneur d’un autre, croyez-moi, je m’emparerais du premier prix et l’emporterais dans mon pavillon". Les mythes furent nombreux sur cette genèse des jeux et c'est par un décret en 393 après J-C. que l'abandon d"Olympie, lieu de culte de la religion grecque antique, fût signer l'arrêt des JO.

Evènement social, culturel et sportif, ils renaissent de leurs cendres avec Henri Didon, prêtre dominicain sous la fameuse maxime "Citius, Fortius, Altius" reprise par Pierre de Coubertin dans le désordre à laquelle on ajouta "Communiter" (Ensemble) en 2021 ! Reconnaissance au Président Lapasset d'avoir introduit le rugby à VII ouvrant ainsi de nouveaux horizons à un sport qui tourne en rond depuis bien longtemps ! Le circuit "Sevens" mondial a permis par ailleurs de faire connnaître dès 2004 cette nouvelle vitrine du rugby. J'étais présent à Chaban Delmas pour ce tournoi. J'ai de suite assimilé ce jeu à une course de lévriers, je ne sais pas pourquoi, mais celà ne m'évoquait rien d'autre. Seul côté positif à la chose, j'ai aimé le jeu pratiqué constament debout avec des tactiques plutôt simples confiées à des félins aguéris. Le Bowl fut gagné par la France en battant le Kenya et la Cup revint aux All Blacks. Cela me sortait de la torpeur du top 16, année qui vit le SF Champion. Le HSBC World Rugby Sevens 2023 à Toulouse auquel j'assistais m'a permis vingt ans plus tard quasiment comme Monte Cristo, de redécouvrir une nouvelle facette de cet opus. Tout d'abord, vécu de dedans, vous sentez en famille ou tout le monde se cotoie sans aucun formalisme et sans la rigueur de World Rugby comme pour la coupe du monde bien que parfois tatillon. Ce qui change c'est le physique des joueurs bien plus athlétiques que jadis mais dont la présence sur le terrain est bien plus courte car le jeu va beaucoup plus vite. D'ou, comme au handball, des rotations fréquentes selon l'évolution du score avec des tactiques bien plus élaborées ont fait leurs apparitions. Alors, rien de plus tentant pour Antoine Dupont après l'échec de la coupe du monde que de basculer vers le VII ou il étale son talent mais aussi son instinct. Il reste sobre, très affuté et très lucide sur ces Jeux. 2 échecs seraient une poisse totale pour lui et pour le rugby français. 

Ces JO à l'ail ou le mélange des genres raisonne comme une fausse note à savoir que les professionnels cotoient les amateurs pures souches continue de me choquer. Bien sûr, que veut dire aujourd'hui amateur ? Si on regarde la fédérale, tous les joueurs émargent avec plus ou moins de bonheur dans un silence de cathédrale. Car c'est encore mal vu de dire que tu gagnes un bon petit pécul sur le dos du rugby amateur ! Du temps de mon Père, la caisse noire alimentait grassement le système qui s'est transformé au fil du temps. De toute évidence l'évolution se fait dans ce sens à ceci près que les bénévoles, éducateurs de petits clubs n'ont que leur foi et que les médailles d'or ne sont que du chocolat celles qui font rêver préservant cet esprit qui s'effiloche d'année en année. En conclusion, "La partie la plus cérébrale du jeu, de beaucoup la plus importante, demeure invisible ; c’est donc que le muscle y sert d’écran à l’intelligence." Pierre de Coubertin.

23 mars 2024

" Ail et Arbitres"



Le siècle et demi de rugby n'a cessé de décrier l'arbitrage et son symbole l'arbitre. Si on se réfère à l'histoire, tout a commencé par un football rugby dont les règles étaient des plus simplistes, aller marquer chez l'adversaire sans l'homme en noir ! L'évolution des règles a cristallisé l'attention de tous, entraineurs, joueurs, médias et public pour devenir aujourd'hui l'homme providentiel dont on parle le plus à son insu bien souvent. La dernière coupe du Monde et le Tournoi ont montré les limites de l'humain et de la technologie. A cet égard, la France est privilégiée souffrant de décisions des plus hasardeuses qui ont compromis l'accédit à un titre mondial. Souvenez vous, l'Afrique du Sud, la Nouvelle Zélande et cerise sur le gâteau le quart de finale l'an dernier sur nos terres. Pire, cette fois ci, pour le Tournoi, nous avons bénéficié de toutes les augures écossaises et lyonnaises ce que Fabien Galthié savoure par une deuxième place autant imméritée qu'inattendue. Aujourd'hui, ce couple à l'harmonie ondulante construit ou détruit toute l'image qu'on peut se faire d'un match de rugby. A s'y pencher de plus près, le vidéo arbitrage est devenue la deuxième lame et plus maintenant intervenant parfois à contre sens de l'esprit du jeu surtout sur les en avants. Souvenez vous Cardiff ou nous battons les All Blacks sur une passe de Michalak des plus douteuses ! Çela nous a pas réussi par la suite non plus. TMO sait très bien repérer les agressions dangereuses, les risques potentiels de commotions cérébrales, les tricheries institutionnalisées et tous les actes d'antijeu échappant à la vision parfois monochrome de l'arbitre de champ. Cela fait toujours autant débat entre le jaune, le bunker et le rouge immédiat. Selon l'angle de l'image, le ralenti ou la vitesse réelle, la décision reste humaine, trompeuse et collégiale. L'arbitre est devenue diplomate, pédagogue avec plus ou moins de talent. Cette photo de Nigel Owens illustre très bien le propos pour lequel il écoute l'arbitre vidéo, réfléchit et le doigt levé tel "Magister dixit" il va donner sa version des faits. Je le trouvais truculent, juste et plein d'humour contrairement à certains autres. Mais l'évolution actuelle de l'arbitrage va t-elle dans le bon sens de ce qu'attendent entraineurs et joueurs ? Si jadis, l'arbitre portait le deuil tout de noir vêtu, le voilà habillé moderne comme un panneau publicitaire affublé d'une belle montre dont l'utilité reste discutable et de beaux cartons dans sa pochette. Comme les joueurs, il doit être en forme car le jeu va de plus en plus vite et doit se soumettre à des test de performances mais lesquels ! Ce qui est certain, il reste un homme indiscutable dans ses décisions et doit être respecté en tant que tel. Les entraineurs mais aussi la vindicte populaire ont la gâchette trop facile et la langue bien pendue pour eux aussi ne pas commettre d'erreurs. Je n'oublie pas les arbitres ou juges de touche qui parfois ont leurs mots à dire eux aussi avec plus ou moins de sagacité.  Peu confirme essai ou pas essai alors qu'ils sont devant ! j'avoue que parfois je me demande à quoi servent ils mis à part lever un drapeau et un bras ? Que sera l'avenir du métier avec la prégnance de l'intelligence artificielle sur la technologie, sur le fait que les règlements sont constamment étudiés et détournés par les entraineurs et que les joueurs ont pris l'habitude d'harceler l'arbitre ? Je termine par La Fontaine à propos du juge arbitre, l'hospitalier et le solitaire : "qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins".

20 février 2024

"De l'Ail au XV de France"



L'histoire des peuples est jonché de jeux de mains et de pieds depuis les étrusques en passant par les égyptiens et les grecs. Quel qu'en soit le nom donné, tout commence sur de la terre. Si la Lomagne connu pour son ail depuis le Moyen Âge, depuis plus d'un siècle, elle a forgé sa réputation rugbystique avec des hommes de la terre en partie. Et le rugby français a largement profité de cette aubaine pour ne citer que l'un des plus emblématique agriculteur Walter Spanghero. Plus près de moi, Beaumont de Lomagne a cette tradition nourricière d'internationaux agriculteurs. Le premier fût Jacques Mauran, puis Michel Lasserre parti très tôt vers Agen, Tonton oblige ! Ce que Max Barrau paya très cher par une licence rouge pour avoir signé au Stade Toulousain au lieu d'Agen alors qu'il était au zénith de sa carrière. A ce propos, Antoine Dupont, fils spirituel du jeu à la Barrau, de souche paysanne, ne paiera t-il pas un jour son goût olympien pour le VII ? Parmi les autres légendes internationales A ou B beaumontoises, citons Bergamasco, Peccolo, Trainini, 1ère ligne de fer du Stade, Michel Guillas, Michel Barrau, Lionel Faure, Mathieu Barrau, Audrey Forlani, Capitaine du XV de France et actuellement Maxime Biasotto champion du Monde des U20 et petit-fils de la légende Max Barrau. Une aparté pour Jean Pierre Rives, Beaumontois de cœur qui a passé une saison entière en Lomagne s'offrant le luxe avec l'équipe de battre son futur club le Stade Toulousain. Le meilleur, c'est maintenant, ne serait ce que par amitié pour lui mais surtout pour l'histoire de vie partagée entre deux familles celle de Jean Louis Dupont et celle des Sauné. Jean Louis est né à la campagne et le médecin de famille de l'époque lui a donné le goût du rugby en lui montrant comment il fallait plaquer l'adversaire. Le reste, c'est l'école de rugby beaumontoise, c'est sa volonté farouche de réussir dans le sport et dans la vie. International junior, International militaire au bataillon de Joinville, International du XV de France, il a joué à Beaumont, au Racing Club de France et à Agen. Toute sa vie a été consacrée à la terre agricole et à son exploitation celle léguée par ses parents. Je pourrais en parler des heures de Jean Louis, de cette passion concubine de la terre et de l'ovale. J'ai aussi baigné la dedans toute mon enfance jusqu'à ce que mon Père prit la retraite. A Faudoas qui domine la plaine de la Gimone, son regard sur cette terre de rugby n'a de sens que parce qu'elle est toujours aillée. La sueur, la passion, l'amour n'a jamais eu de limites et de raison pour s'éteindre. Savoir qu'elle fût sa jeunesse, elle sera sa vieillesse en famille. Au fond, au loin, on aperçoit les perches de Gaston Vivas celui qui a donné au rugby de son village toute son existence et sa vie. La terre Beaumontoise reste un terreau de rugby, une terre d'Amitié, un joug pour le rugby. La France peut s'enorgueillir de si belles campagnes ou fleurissent tant de produits. Ces joueurs ont la main rugueuse, l'âme dure, le regard ferme mais un cœur plein de tendresse. J'éprouve toujours autant de joie de retrouver ces sourires, ces regards, ces voix agricoles et cet Amour débordant partagé avec un "Pan Tintat". Moi Lomagnol d'adoption et Pyrénéen de souche, j'ai écrit récemment à titre posthume "la terre est une mère qui ne meurt jamais".


28 janvier 2024

" Handball sans Aïe ! "

L'histoire est ainsi faite, le berceau des victoires et des hommes reste la capitale du pays d'OC Toulouse. Cela remonte aux Capitouls avec le tissage et le pastel. Depuis, la Garonne, jadis navigable, a su donner avec Nogaro son hymne mondialement connu "Toulouse". Est arrivé Claude, l'autre, Onesta, fils de rugbyman à XIII, l'homme qui a bâti le hand ball français. Champion de France en 1998 et 2 coupes de France, dès 2001 il devient sélectionneur de l'équipe nationale. Le karma pour ce sport alors inconnu du grand public. Il en est le gourou, le fédérateur et l'instigateur d'une sélection à succès européens et mondiaux. Les "Costauds, les "Experts", les "Barjots", les "Bronzés" ont tout gagné, les JO, Championnat du monde, Championnat d'Europe et il est l'entraineur le plus titré comme un certain Guy Novès. En 25 ans, de l'anonymat presque culturel, le hand-ball est devenu un sport très prisé par la jeunesse s'identifiant aux stars pour citer les plus connues Gille, Burdet, Narcisse, Fernandez, Abalo, Omeyer, Richardson, les frères Karabatic et j'en oublie faute de savoir. Cet homme n'a connu que ce sport depuis l'enfance et un seul club l'AESAT devenu le Stade Toulousain rebaptisé les Spacer's de Toulouse. Autant dire qu'il a gravi toutes les étapes au fil des années pour donner la quintessence à l'équipe fanion. Il a aussi su s'entourer de compétences insoupçonnables et fidèles. Pour l'avoir approché, c'est un remarquable stratège, passionné, plutôt taiseux mais qui ne parle pas pour rien, les joueurs le savaient. Le sillon était tracé et il a passé la main avec succès. Et ce soir, Champion d'Europe avec Guillaume Gille son élève. Cette finale me permet de mieux appréhender cette euphorie collective au travers de la vivacité du match. Rien de comparable avec le rugby actuel ou l'on répète inlassablement les mêmes combinaisons sans y mettre de l'envie ou du génie. Six joueurs voir sept sur le terrain, gardien compris avec des rotations permanentes aux différents postes, toujours un soutien au porteur du ballon dans le but est de ne pas se laisser distancer. Pas besoin de vidéo arbitrage, pas ou peu de contestations des joueurs y compris pour les 2 minutes au placard, peu ou pas de blessures, des morphotypes loin des golgoths actuels de l'ovale. Pire, les gardiens ne sont pas forcément très athlétiques mais d'une souplesse et d'une vivacité époustouflante. Si le rugby use, abuse de tous les stratagèmes pour casser le rythme ou la dominance du jeu, le handball nous offre des temps morts brefs afin de recentrer très vite les joueurs et de les mettre dans le sens des objectifs fixés. Je comprends mieux pourquoi Bernat Salles a bifurqué vers ce sport las de la confrérie des entraineurs et de leurs visions ras du sol du rugby. Effectivement, le handball est épuré des lourdeurs, des répétitions mécaniques  et d'un jeu de gladiateurs moderne ou le public se votre dans la bière et le ricanement imbécile. De franchir le pas devient alors évident car la simplicité règne à tous les niveaux. En conclusion, peu de statistiques, du direct, de la vitesse, l'absence d'ennui et des commentateurs sobres. Convaincu, un excellent moment et une belle victoire.

01 janvier 2024

" Aïe et Rugby 2024 "



Quand on connait l'état du rugby actuel à l'aube de cette nouvelle année, quel sera son karma ?Vu la défaite outrecuidante en quart de finale finissant d'assommer un rugby gangréné par l'inconscience collective de fatueux esprits, je me pose la question de savoir s'il reste un zeste de bon sens comme dans certaines nations pour sortir de cette ornière chronique qu'est la défaite. Bien entendu, en bons gaulois que nous sommes, nous perpétuons la tradition romaine celle du "Vae Victis" mais aussi celle construite par des journalistes du" French Flair" qui rend encore plus notre coq perfectible. Nous parlons toujours des victoires aussi anecdotiques que rares telles celles d'Auckland, du Cap ou en France en battant près de nous les équipes majeures du classement mondial. Vérité blessante de l'automne 2021, 2022, du tournoi et des matchs préparatoires de 2023. Quand on pense qu'on a un des meilleurs joueurs de la planète, devenu Dieu et Star, en la matière, Dupont blessé n'était plus qu'une pale copie de lui même comme d'autres gladiateurs du XV de France. Le "Credo" de la bêtise humaine, le cumul d'erreurs liées à la fonction, l'engouement d'un peuple déjà vainqueur et j'en oublie dans ma colère contenue. Bref, tout ça pour ça comme on dit ! Alors pour 2024 que pouvons nous espérer ? Des U20, trois fois Champions du Monde de façon consécutive, pardonnez du peu, est tout sauf le fruit du hasard. Des staffs renouvelés qui ont su perpétuer une méthode gagnante et efficace. Alors pourquoi les autres, Fabien en tête, ne sont ils pas capables de faire aussi bien. Questions de formations à la base, questions de filières, en particulier le top 14 qui se complet dans l'acquis et pas dans l'innovation pour la plupart des clubs. Fallait bien caser les copains, Fabien le premier, uniquement champion de France avec le Stade Français puis des piges dans des clubs en perte de vitesse le conduisant aux échecs et devant le tribunal ce qui aurait du éveiller l'attention plus qu'à l'ordinaire. Piqueronies, 1er champion du Monde des U20, a conquis le Président à Pau et aujourd'hui les résultats sont là tout en douceur et régularité en donnant sa confiance à des jeunes. Donc pour le karma faut-il croire au destin de l'homme ou à celui du XV de France ? A ce jour, grande énigme à la vue de nos internationaux flétris par une telle défaite. Seront ils au rendez-vous de Marseille, j'en doute car la vision actuelle est encore une fois de gagner le tournoi sans penser à 2027. Jean Louis Dupont me disait ce soir que la joie de jouer s'était effilochée depuis les années 80 laissant place à des salariés s'occupant de leurs crinières et du salaire qui va avec. C'est la raison pour laquelle autant d'étrangers pavoisent dans notre championnat à l'exception du Japon. Il est tant de se projeter pour l'Australie en oubliant les turpitudes chroniques d'une FFR et d'une LN comme les fameuses trompettes de la Renommée bien mal embouchées ! Pour terminer celle nouvelle chronique 2024, laissez moi vous présenter Mes Meilleurs Vœux pour 2024 ou les couleurs de la vie ne comptent que pour celles et ceux qui prennent au quotidien le temps de les regarder, de les écouter et de les apprécier à leurs justes valeurs. Belle année ovalesque.

24 décembre 2023

" Noël "

                        



Aussi loin que je me souvienne cette période remontant à l'enfance Lomagnole, c'était celle de la trêve des Confiseurs ou aucun match n'avait lieu pour Noël supplanté par des bourriches et des lotos sous la coupe des bénévoles du club. Gastronomiquement parlant, une période faste pour la ligne d'avants et lourde de conséquences pour les arrières ! Tout le monde se retrouvait accompagné(e)s des proches pour festoyer jusqu'à pas d'heures. L'église n'était pas oublié pas plus que la famille. Plus questions de parler de matchs mais plutôt d’évoquer les souvenirs présents et anciens. Pour cela, il fallait se rendre au "Café Maupas", lieu culte du village empestant le tabac, le pastis et la gouaille paysanne ou les mains calleuses battaient les cartes au son des anecdotes. Côté champs, la terre reposait en paix, les faisans, les bécasses jouaient à cache cache avec les futiles chasseurs. La Gimone, sous un brouillard matinal, transportait ses eaux boueuses de méandres en méandres. Au cabinet médical, la salle d’attente grouillait d’impatience tout en racontant en patois les petits potins de voisinage. Le marché du samedi était l’occasion de faire les dernières emplettes pour le Réveillon pendant qu’au Foirail, le concours de foies gras, chapons et pintades récompensait les meilleurs lots. Faut dire que mon Père était gâté recevant en offrandes de Noël les premiers prix du concours issus de sa patientèle. Vous dire que les repas n’étaient pas copieux et riches serait un pieu mensonge, notre « Bonne » Madame Maillol, un vrai cordon bleu, exécutait  des recettes savoureuses sur le vieux piano en fonte nourri au feu de bois. Ma Mère s’occupait de la décoration de la table faute de pouvoir œuvrer en cuisine, domaine réservé à qui de droit. Mon Père, caviste par passion, choisissait des bouteilles en ma compagnie, m’expliquant la provenance avant l’avis tranché de l’œnologue familial. Tout une effervescence avec ses rites et coutumes, un espace temps ayant laissé la place aux rêves, aux discussions interminables au son de la flambée de bois et des vapeurs croisées du tabac et des cigares. Vous comprendrez aisément le pourquoi du comment de mes goûts prononcés pour les produits de la terre et mon affection ancrée pour le rugby. Je regardais le Stade hier soir, bousculé par les marins de la Rade qui ont fini par couler le tout dans un écrin de paillettes et d'artifices alors même qu’à côté du Stadium sont les boutiques des Restos du Cœur et celles du Secours Catholique. Je suis ravi de vous conter ce moment de vie d'un petit enfant privilégié et heureux qui a vécu dans le berceau de Pierre de Fermat perdu dans la Lomagne agricole et rugbystique et, en l’écrivant, je me rends compte que le Bonheur n'est qu’une illusion fugitive et que le rugby est devenu un marqueur de la société de consommation avec ses illusions et ses nouveaux critères. Alors Joyeux Noël, à Toutes et à Tous, ovale, goûteux et familial.

18 novembre 2023

" Tu Quoque Mi Fili "



Exister est un fait, vivre est un art. La vie, c'est de passer de l'ignorance à la connaissance et des ténèbres à l'Amour. Le rugby est donc le fil conducteur de tout en chacun qu'il soit pratiqué ou non. "Toi aussi mon fils, tu feras comme ton Père" pourrait on se dire aujourd'hui comme dans d'autres corporations quand on voit éclore autant d'enfants prodiges que leurs ainés.

Le rugby ne s'invente pas sans avoir des bases, je dirais élémentaire comme à l'école primaire. Ânonner ou bégayer est devenu un standard qui s'étend jusqu'au terrain de rugby. Maintes fois, les joueurs reproduisent les mêmes erreurs, les mêmes fautes, déclinaisons de leurs entraineurs parfois. Certains font exceptions à la règle comme Barrau, Villepreux, Dupont, pour les avoir vus, nés avec le gène ovale, surdoués, visionnaires et avant-gardistes de ce jeu à la main tant de fois enterré pour d'obscures raisons. Alors, avec raison et méthode, la connaissance s'apprend jusqu'à un certain degré tout comme la littérature, la philosophie, le calcul. Pour s'en convaincre, revenez en arrière au temps des grecs, des latins, du siècle des lumières ou plus près de nous au XIXe. Le XXe et le XXIe ne sont autres que la continuité de ce passé. Alors, oui, le savoir devient une ouverture d'esprit tant sur le terrain que derrière un comptoir ! On peut s'enflammer de tout et de rien, d'un point perdu à une victoire inespérée. Le rugby a cette faconde de toucher les étoiles comme de tomber dans l'abysse du mal.

De passer par les ténèbres, d'en connaître les méandres et un jour de tutoyer le Bouclier de Brennus ou une Coupe donnent tout son sens à l'Amour que l'on porte à ce jeu et à la vie, une sorte de bonheur et de sérénité au fil de sa carrière. Il suffit d'une fois pour comprendre ce qu'est le graal de ce jeu qui se transforme en art à part entière. C'est une théorie aussi fumeuse que vraie nourrissant contradictions et vérités tant sur le terrain que dans les tribunes voir au sein des éditoriaux.

Reprendre la célèbre formule de Caesar a pour but d'insinuer que la passion peut être dévastatrice et qu'aujourd'hui le rugby ne meurt pas de son aura mais de tout un florilège de parasites et de cupides qui nuisent à l'éclosion de l'art qu'il porte.